La liberté de la presse, pierre angulaire de toute démocratie, est sérieusement mise à mal à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, au centre de la République Démocratique du Congo. Dans cette ville, des journalistes sont confrontés à des intimidations, notamment dans le secteur de l’éducation, où certains détenteurs du pouvoir public semblent voir dans la vérité un danger à combattre plutôt qu’un droit fondamental à protéger.
Alors que le législateur congolais reconnaît le droit d’informer, d’être informé et de partager librement ses opinions comme un fondement de la démocratie, ce principe est ouvertement bafoué à Tshikapa. Informer devient, dans certains cercles de pouvoir, synonyme de jalousie ou de subversion.
Dernier exemple en date : le journaliste Sadam Kapanda, victime de menaces et d’intimidations de la part du ministre provincial de l’Éducation. Son "tort" ? Avoir dénoncé le silence du ministre face aux irrégularités dans le paiement des enseignants par la banque FINCA, une affaire largement connue du public local.
Pourtant, l’article 23 de la Constitution congolaise affirme clairement : « Toute personne a droit à la liberté d’expression ». L’article 24 renchérit en garantissant la liberté de la presse et d’information, sous réserve du respect de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits d’autrui.
Ce climat de répression à Tshikapa freine l’action des médias, empêche la transparence dans la gestion publique et sape la confiance entre institutions et citoyens. Il est impératif que les autorités locales fassent preuve de maturité démocratique en protégeant les journalistes au lieu de les persécuter.
Encadrer et sensibiliser les responsables publics à l’importance du rôle des médias est devenu urgent pour assurer un climat de paix, de dialogue et de respect mutuel entre la presse et les institutions.
Rédaction

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