Kananga, capitale provinciale du Kasaï-Central, s’est réveillée ce mardi 20 janvier dans un climat de tension perceptible, marqué par une circulation inhabituellement timide et une atmosphère de prudence généralisée, à la suite de l’annonce d’une marche des taxis-motards de la ville.
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Cette manifestation, initialement prévue pour ce mardi, visait, selon les informations recueillies, à réclamer le départ du commissaire provincial de la Police nationale congolaise (PNC), le général Magnat Kabeya.
Dès les premières heures de la matinée, une certaine paralysie partielle de la ville a été observée. Alertée en amont par les organisateurs de la marche, une frange importante de la population a préféré limiter ses déplacements, craignant d’éventuels débordements. Plusieurs habitants ont ainsi choisi de rester chez eux ou de se déplacer à pied, évitant autant que possible les moyens de transport motorisés, en particulier les motos-taxis, directement concernées par le mot d’ordre lancé par les taximen.
Cependant, contrairement aux rumeurs faisant état d’une ville totalement paralysée, les activités essentielles n’ont pas été complètement interrompues. Des élèves ont été aperçus se rendant à l’école, tandis que certains travailleurs ont rejoint leurs lieux de service, principalement à pied ou par d’autres moyens que la moto.
La situation a été particulièrement tendue dans certaines communes, notamment à Nganza, où des groupes de taxis-motards ont érigé au moins trois barrières improvisées. Selon eux, ces barrières visaient à empêcher leurs confrères de transporter des passagers durant la journée, dans le but déclaré de rendre la ville « sans moto ». Des actes de violence ont été signalés : des taxis-motards accusés de ne pas respecter le mot d’ordre auraient été pris à partie, battus et parfois violemment agressés alors qu’ils transportaient des clients. Ces incidents ont semé la peur parmi les usagers et contribué à renforcer la méfiance de la population.
Dans d’autres quartiers, notamment au rond-point Tshibombi, dans la commune de Kananga (Kamayi), des scènes similaires de tracasseries entre taxis-motards ont été rapportées. Des motards cherchant à exercer normalement leurs activités ont été intimidés par leurs pairs, illustrant une fracture interne au sein même de la corporation des taximen.
Pourtant, la version officielle livrée par certains responsables des structures encadrant les taxis-motards contraste avec la réalité observée sur le terrain. Contacté par Infos27.cd, M. John Henry Ngindu, l’un des responsables de ces structures, affirme que la marche a été annulée à l’issue d’une réunion tenue la veille, lundi, avec le gouverneur de la province du Kasaï Central. Selon lui, les autorités provinciales ont rappelé aux taximen l’obligation de respecter strictement les normes de circulation en vigueur, notamment le transport limité à deux personnes par moto, l’interdiction de transporter des passagers sur le réservoir ainsi que le bannissement du transport de charges excessives.
D’après M. John Henry Ngindu, ces exigences constituent le principal point de friction entre les taxis-motards et les services de sécurité, en particulier la police de roulage et de la régulation. Il précise en outre que, sur le plan légal, toute marche doit être officiellement sollicitée et autorisée par l’autorité compétente, et accompagnée d’un mémorandum à lire à l’issue de la manifestation. Or, reconnaît-il, les taximen ne disposaient ni d’une autorisation formelle ni d’un mémorandum dûment élaboré, rendant, selon lui, « inconcevable » la tenue de la marche ce mardi.
Malgré cette annonce d’annulation, la situation sur le terrain est demeurée confuse et tendue, traduisant un décalage manifeste entre les déclarations des responsables et le comportement de certains taxis-motards. Face à ce climat d’incertitude, la Police nationale congolaise a renforcé sa présence dans plusieurs artères stratégiques de la ville. Des patrouilles ont été visibles dans différents points sensibles, avec pour mission de sécuriser la population, de dissuader les violences et d’empêcher toute forme de tracasserie ou de justice populaire entre conducteurs de motos.
Avec Stony Mulumba de Infos27

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