Dialogue entre congolais : L’ASSOMIP.MU/ONG propose une médiation conduite par les autorités traditionnelles


L’Action sociale pour le soutien des orphelins militaires et de la police, ASSOMIP.MU/ONG, à travers le Président Joël Mukadi Betu, a officiellement transmis un mémorandum de haute portée politique et institutionnelle au Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, relatif à l’initiative d’un dialogue national.


Ce document, dûment enregistré auprès de plusieurs institutions nationales et internationales, notamment la Présidence de la République, les Chambres parlementaires, la CENCO, les ambassades accréditées en RDC ainsi que des organisations régionales et internationales, se veut une contribution de la société civile au débat national sur la paix, l’unité et la gouvernance.


Dans son adresse au Chef de l’État, l’ASSOMIP.MU/ONG rappelle que la République démocratique du Congo traverse une période charnière de son histoire, caractérisée par une fragilisation de la cohésion nationale, des tensions politiques persistantes et une crise sécuritaire aiguë, particulièrement dans l’Est du pays.


L’organisation salue, à cet effet, les efforts diplomatiques engagés par le Président de la République, notamment dans le cadre des initiatives de paix menées à Doha et à Washington, lesquelles ont permis de faire reconnaître, au niveau international, les responsabilités de certains acteurs régionaux dans l’instabilité de la RDC.


Réserves majeures sur le rôle des confessions religieuses


L’un des points centraux du mémorandum concerne la prise de distance critique vis-à-vis de l’initiative de dialogue portée par certaines institutions religieuses, notamment les églises.


Tout en reconnaissant leur rôle historique et spirituel dans la société congolaise, l’ASSOMIP.MU/ONG estime que ces institutions ont montré, au fil des crises nationales, des limites structurelles et fonctionnelles dans la gestion des processus politiques majeurs.


Le document évoque notamment des divisions internes entre confessions religieuses ; des prises de position contradictoires sur des enjeux nationaux sensibles ; l’absence de résultats concrets depuis la Conférence Nationale Souveraine (CNS) ; ainsi que les conséquences parfois tragiques de certaines mobilisations populaires ayant entraîné des pertes en vies humaines sans solutions durables.


L’implication répétée des institutions religieuses dans les processus électoraux est également pointée comme un facteur ayant souvent conduit à des contestations, troubles et fractures sociales, au lieu de favoriser la réconciliation nationale.


Une alternative proposée : la médiation des autorités traditionnelles


Face à ce constat, l’ASSOMIP.MU/ONG avance une proposition structurante et audacieuse : confier la conduite du dialogue national aux autorités traditionnelles et coutumières du pays.


Selon l’organisation, ces dernières jouissent de plusieurs atouts majeurs : une légitimité historique et socioculturelle profonde ; une neutralité reconnue, loin des querelles idéologiques et des ambitions partisanes ; un enracinement réel dans les communautés locales ; une tradition éprouvée de médiation, de stabilité et de résolution pacifique des conflits.


Le mémorandum rappelle que l’État moderne congolais est, par essence, une émanation de l’État traditionnel, ce qui confère aux chefs coutumiers une place naturelle et stratégique dans toute démarche de refondation du contrat social.


Un dialogue inclusif, sincère et non cosmétique


L’ASSOMIP.MU/ONG insiste sur le fait que le dialogue national envisagé ne doit en aucun cas être un exercice de façade, mais un véritable espace de vérité, de réconciliation et de refondation nationale.


Ce dialogue devrait permettre l’expression de toutes les composantes de la nation : hommes et femmes, jeunes et personnes âgées, leaders communautaires, politiques et sociaux, sans exclusion ni manipulation.


L’organisation estime qu’un tel processus offrirait à la République l’opportunité historique de se doter d’un nouveau contrat social, adapté aux réalités actuelles et aux aspirations profondes du peuple congolais.


Un acte historique attendu du Chef de l’État


Par ailleurs, l’ASSOMIP.MU/ONG considère que l’adhésion du Président de la République à cette approche constituerait un acte de grandeur, de responsabilité et de portée historique, susceptible de renforcer l’image de la RDC sur la scène internationale.


L’organisation affirme sa conviction que la paix, la vérité et l’unité nationale, piliers essentiels de toute gouvernance responsable, ne peuvent être durablement atteintes qu’à travers un dialogue conduit par des acteurs neutres, légitimes et enracinés dans l’âme du peuple congolais.

Post a Comment

Plus récente Plus ancienne