La tension monte dans le territoire de Dekese, province du Kasaï, après la reconduction de trois agents à la tête de l’antenne locale de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Dans une correspondance adressée au président national de l’institution électorale, des habitants dénoncent une décision qu’ils jugent inopportune et lourde de conséquences.
Dans cette lettre portant plusieurs signatures d’autochtones, la population proteste contre le maintien de Jean-Claude Tshiamu Mpongo, Balenga Lovundja Balex et Bope Mikobi Faris à la direction de l’antenne territoriale. Les signataires estiment que ces responsables n’ont pas assuré une gestion satisfaisante du processus électoral de 2023.
Selon le document consulté, les habitants affirment que Dekese n’a pas connu des élections « crédibles et transparentes » lors du dernier scrutin. Ils évoquent notamment des irrégularités et des violences ayant, selon eux, occasionné des dégâts matériels et des pertes en vies humaines.
« Après les élections de 2023 auxquelles notre peuple n’a pas eu droit en sa qualité de détenteur du pouvoir, beaucoup de nos concitoyens vous ont saisi pour exprimer leurs préoccupations liées aux causes qui ont empêché la tenue d’élections apaisées », peut-on lire dans la correspondance.
Les signataires regrettent également l’absence de réponse à leur précédente lettre adressée à la hiérarchie de la CENI. Ils redoutent que la reconduction du trio, officialisée par la décision n°12/CENI/BUR/2025 du 12 décembre 2025, ne ravive les tensions à l’approche des prochains scrutins.
Dans un ton particulièrement ferme, les auteurs de la lettre accusent les responsables reconduits d’être à l’origine d’actes de violences, d’intimidations et d’incendies lors du cycle électoral précédent. Ils estiment que cette reconduction constitue, selon leurs termes, « une récompense » pour des faits qu’ils qualifient d’inacceptables.
Face à cette situation, la population de Dekese affirme vouloir « prendre ses responsabilités » pour dénoncer ce qu’elle décrit comme du « sadisme » et alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les risques de nouvelles tensions.
Elle appelle par ailleurs les personnes de bonne volonté, les autorités compétentes ainsi que les partenaires impliqués dans le processus électoral à s’investir afin d’éviter une escalade, plutôt que d’intervenir ultérieurement en « sapeurs-pompiers ».
À ce stade, aucune réaction officielle de la CENI n’a encore été rendue publique concernant cette contestation.
Sadam Kapanda Wa Kapanda

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