Kasaï : accusé de « jeu de ping-pong », le gouvernement Mukendi critiqué sur la gestion des imprimés de valeur et la mobilisation des recettes

 

La gestion des finances publiques provinciales au Kasaï continue de susciter de vives réactions. Le Coordonnateur national de l’ASBL “Debout Congolais pour le Changement” (DCC), Me Alain Nkashama Muana, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de contradictions flagrantes au sein du gouvernement provincial dirigé par le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa, particulièrement en ce qui concerne la mobilisation des recettes par la Direction Générale des Recettes du Kasaï (DGRKAS).


Dans une déclaration sans détour, Me Alain Nkashama Muana s’est dit surpris de voir le gouvernement provincial, par la voix de son porte-parole, déplorer la faible mobilisation des recettes, alors même que la DGRKAS serait privée depuis près d’une année des imprimés de valeur, outils essentiels à la perception des taxes et redevances provinciales.


« Comment le gouvernement provincial peut-il priver la DGRKAS des imprimés de valeur et ensuite se plaindre du faible taux de mobilisation ? C’est un véritable jeu de ping-pong », s’est-il indigné.


Selon le coordonnateur de la DCC-ASBL, la responsabilité de la production et de la mise à disposition de ces imprimés incombe directement au gouverneur de province à travers le ministère provincial des Finances. L’absence prolongée de ces documents compromettrait sérieusement les performances de la régie financière.


Au-delà de cette question technique, Me Alain Nkashama Muana reproche également au gouverneur l’opacité dans la gestion des recettes provinciales. Il déplore le fait qu’aucun rapport public, trimestriel ou annuel, n’ait été rendu accessible aux contribuables depuis l’entrée en fonction de l’actuel exécutif provincial.


« Si la DGRKAS n’a pas mobilisé des recettes conséquentes, combien a-t-elle réellement mobilisé ? Depuis l’arrivée du gouverneur Mukendi au pouvoir, personne ne sait combien la province a encaissé ni à quoi ces fonds ont servi. Il n’y a jamais eu de reddition des comptes », a-t-il martelé.


L’acteur de la société civile a également pointé du doigt ce qu’il appelle des agendas politiques cachés, visant à provoquer un changement à la tête de la DGRKAS. Pour lui, toute critique de la performance de l’actuelle équipe dirigeante devrait être accompagnée de chiffres clairs et d’objectifs précis.


« Si l’on affirme que la mobilisation a été faible, il faut dire combien était prévu, combien a été réalisé et pourquoi certains objectifs n’ont pas été atteints », a-t-il insisté.


Me Alain Nkashama Muana va plus loin en accusant certains candidats désireux de reprendre la gestion de la DGRKAS d’être à l’origine des dysfonctionnements dénoncés aujourd’hui.


« C’est du trop. Ceux qui veulent revenir gérer la DGRKAS sont les véritables auteurs du coulage des recettes et des imprimés parallèles à l’époque. Nous avons dénoncé ces pratiques hier, et aujourd’hui ils veulent tromper qui ? », s’est-il interrogé.




Cette sortie intervient dans un contexte de vive polémique à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, où la gestion de la DGRKAS fait l’objet d’un débat public intense, depuis les récentes déclarations du porte-parole du gouvernement provincial sur la performance du comité dirigeant de cette régie financière.


Alors que la population attend plus de transparence et de redevabilité dans la gestion des finances publiques, cette controverse met en lumière les tensions persistantes entre le gouvernement provincial, la régie financière et les acteurs de la société civile, sur fond de gouvernance et de lutte pour le contrôle des ressources provinciales.


Sadam Kapanda Wa Kapanda

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