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mardi 20 octobre 2026

UPKAN : La C.T Céline Bawota Tulantshiedi éclaire le rôle méconnu de la femme Kuba (1945-1970) dans son mémoire de D.E.A

La communauté scientifique de Kananga a rendez-vous avec l'histoire ce jeudi 23 octobre. La Cheffe de Travaux Céline Bawota Tulantshiedi défend son mémoire de Diplôme d'Études Approfondies (D.E.A.) à l'Université Pédagogique de Kananga (UPKAN), un travail qui revisite la place centrale de la femme dans le Royaume Kuba.


Intitulé « Place et rôle de la femme dans la culture politique et socioéconomique Kuba (1945-1970) », ce mémoire sera défendu publiquement ce jeudi 23 octobre 2026 à partir de 13h00, à la Faculté des Lettres, Département d'Histoire de l'UPKAN.


Si le Royaume Kuba est mondialement connu pour son art, ses masques et son organisation politique très structurée autour du Nyim, le rôle de la femme y a souvent été relégué au second plan par l'historiographie coloniale. C'est précisément ce vide que la chercheuse a voulu combler.


Couvrant la période charnière de 1945 à 1970, qui va de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la première décennie de l'indépendance de la RDC, son étude analyse comment la femme Kuba n'était pas simplement une actrice domestique, mais une véritable pilier économique et politique.


Selon les grandes lignes de son travail, la C.T Bawota démontre trois axes majeurs :


1. Sur le plan économique : La femme Kuba était au centre du commerce du raphia, de la production des étoffes brodées (les fameux velours du Kasaï), et de l'agriculture vivrière. Elle contrôlait des circuits économiques qui assuraient la richesse et la résilience du royaume, même pendant les perturbations coloniales.


2. Sur le plan politique : Loin d'être exclue, elle exerçait une influence par le conseil des reines-mères (les Nang), par son rôle dans l'éducation des futurs chefs et dans la résolution des conflits matrilinéaires. La période 1945-1970 marque d'ailleurs l'émergence de femmes Kuba lettrées qui vont négocier leur place entre tradition et administration coloniale puis post-coloniale.


3. Sur le plan culturel : Gardienne des chants, des proverbes et des rites d'initiation, elle était la transmettrice de l'identité Kuba.


Au-delà de l'exercice académique, cette soutenance est un acte fort pour la promotion du leadership féminin dans l'espace académique Kasaïen. À l'UPKAN, peu de femmes Cheffes de Travaux franchissent l'étape du D.E.A., antichambre du Doctorat.


« C'est une fierté pour l'UPKAN, mais aussi pour toutes les étudiantes de Kananga qui voient qu'il est possible de faire de l'histoire de nos propres cultures avec rigueur scientifique », commente un cadre académique de l'université.


La Faculté des Lettres invite donc étudiants, historiens, notables Kuba, leaders d'associations féminines et amoureux de la culture à venir nombreux pour enrichir ce débat scientifique par leurs questions et témoignages.



Sadam Kapanda wa Kapanda

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