La situation sanitaire vire au cauchemar dans la province du Kasaï. Le Syndicat des infirmiers vient d'annoncer une grève générale et sèche sur toute l'étendue de la province. À Tshikapa, chef-lieu, les premiers effets sont déjà dramatiques : des malades abandonnés à leur triste sort dans les hôpitaux.
Tous les infirmiers du secteur public du Kasaï vont cesser le travail. À la base de ce mouvement de colère, des revendications vieilles de plusieurs mois restées sans réponse.
Selon des sources syndicales contactées par notre rédaction, les infirmiers réclament notamment le paiement de plusieurs mois d'arriérés de primes de risque; La mécanisation des nouvelles unités; L'amélioration de leurs conditions de travail devenues précaires et la prise en charge des infirmiers œuvrant dans les zones reculées de Dekese, Ilebo, Lwebo et Mweka
Dès ce matin, notre reporter a fait le tour de quelques structures sanitaires de la ville. Le constat est alarmant.
À l'Hôpital Général de Référence (HGR) de Tshikapa et dans plusieurs centres de santé de Dibumba, Mabondo et Kele, les salles de soins sont presque vides de personnel. Seuls quelques médecins et stagiaires tentent de parer au plus pressé.
« Mon enfant est sous perfusion depuis hier soir, personne n'est venu changer. Les infirmiers disent qu'ils sont en grève. Où allons-nous ? », se lamente une mère de famille rencontrée à l'HGR, les larmes aux yeux.
Des interventions chirurgicales non urgentes ont été reportées, les pansements ne sont plus faits régulièrement, et les femmes en maternité attendent des heures sans assistance.
Cette grève générale fait craindre une catastrophe humanitaire dans une province où le système de santé est déjà fragile. Les autorités provinciales, notamment la Division Provinciale de la Santé (DPS) et le Gouvernement Provincial, sont appelées à réagir en urgence pour ouvrir un dialogue sincère avec les syndicats.
En attendant, ce sont les malades, déjà vulnérables, qui paient le plus lourd tribut. Le syndicat prévient toujours que sans réponse concrète du gouvernement, la grève sera maintenue et durcie.
Sadam Kapanda wa Kapanda
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