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jeudi 27 août 2026

RDC : Tshisekedi reconnaît les failles des anciens dialogues mais réaffirme la responsabilité du Rwanda dans l’agression


Dans son adresse à la Nation ce jeudi 27 août 2026, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a dressé un diagnostic critique des précédents processus de dialogue en République démocratique du Congo, tout en réaffirmant que les fragilités internes du pays ne sauraient justifier l’agression dont la RDC affirme être victime.


Pour le chef de l’État, les nombreux accords conclus au fil des crises n’ont pas permis d’instaurer une paix durable parce que le pays a trop souvent privilégié le partage du pouvoir au détriment de la consolidation de l’État.


« Nous avons réparti les fonctions et les responsabilités sans transformer suffisamment les institutions appelées à survivre aux hommes et aux circonstances », a-t-il expliqué, estimant qu’un arrangement politique peut être remis en cause, alors qu’une institution forte, légitime et durable protège la République dans le temps.


Félix Tshisekedi a également reproché aux précédents processus d’être restés largement concentrés entre acteurs politiques, loin des réalités quotidiennes de la population.


Selon lui, un accord de paix ne peut être durable que s’il est compris, approprié et défendu par l’ensemble de la nation. Il a également pointé l’absence fréquente de mécanismes suffisamment contraignants pour assurer le suivi des engagements pris.


Les responsabilités mal définies, les calendriers imprécis, l’insuffisance des moyens et la faiblesse des mécanismes de contrôle auraient ainsi contribué à transformer plusieurs accords en engagements difficiles à concrétiser.


Le président congolais a par ailleurs reconnu que la recherche urgente de la fin des combats avait parfois conduit les autorités à repousser le traitement des causes profondes des conflits.


Il a notamment dénoncé une situation dans laquelle la violence aurait parfois semblé offrir une voie plus rapide vers la reconnaissance politique que le mérite, le travail, la mobilisation populaire ou le suffrage universel.


Sur la question des victimes, Félix Tshisekedi a estimé que celles-ci avaient parfois été invitées à pardonner avant d’avoir été suffisamment entendues, reconnues et réparées.


« Nous avons voulu tourner la page sans toujours l'avoir lue jusqu'au bout. Nous avons voulu reconstruire sans assainir suffisamment les fondations », a-t-il déclaré.


Tshisekedi distingue responsabilités internes et agression extérieure


Le chef de l’État a toutefois tenu à établir une distinction nette entre la reconnaissance des faiblesses internes de la RDC et la responsabilité des acteurs extérieurs dans le conflit à l’est du pays.


« Reconnaître nos faiblesses, ce n'est pas absoudre ceux qui agressent notre pays », a-t-il affirmé, ajoutant qu’interroger les erreurs internes ne revenait pas à relativiser l’occupation d’une partie du territoire national.


Félix Tshisekedi a réaffirmé la position de Kinshasa selon laquelle la RDC est victime d’une agression extérieure. Il a notamment évoqué l’occupation illégale d’une partie du territoire congolais par des forces étrangères et l’existence d’administrations parallèles mises en place dans les zones contrôlées par les groupes armés.


Le président a réclamé le retrait complet, effectif et vérifiable des forces étrangères non invitées, la cessation de tout soutien aux groupes armés, le démantèlement des administrations parallèles, ainsi que le rétablissement de l’autorité de l’État.


Il a également insisté sur la nécessité de permettre le retour, dans la sécurité et la dignité, des populations déplacées par les violences.


Washington et Doha au cœur de la stratégie diplomatique


Félix Tshisekedi a ensuite défendu l’option diplomatique privilégiée depuis son accession à la magistrature suprême.


Il a affirmé avoir fait le choix de l’ouverture, de la consolidation de l’État de droit et d’un engagement accru de la RDC dans les dynamiques régionales et internationales, tout en assurant que cette démarche ne s’est jamais faite au détriment de la souveraineté nationale.


Le président a cité les processus engagés à Washington et à Doha, ainsi que les initiatives menées sous l’égide de l’Union africaine avec l’appui de la CIRGL, de la SADC, de l’Union européenne et des Nations unies.


Selon lui, le processus de Washington concerne principalement la dimension interétatique du conflit, notamment les engagements de la RDC et du Rwanda et les conditions d’une sécurité régionale fondée sur le respect de la souveraineté des États.


Le processus de Doha porte, quant à lui, sur la cessation des hostilités avec l’AFC-M23, les mécanismes de vérification, l’accès humanitaire et les conditions nécessaires à une stabilisation durable de l’est de la RDC. Pour Félix Tshisekedi, ces différents cadres doivent désormais permettre de passer des engagements politiques à des résultats concrets, tout en tirant les leçons des échecs des précédents processus de paix.


Cécile Kapinga 

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