Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a appelé les Congolais à tirer les leçons de l’histoire nationale et à dépasser leurs clivages afin de préparer avec courage l’avenir de la République démocratique du Congo. Dans son adresse à la Nation ce jeudi 27 août 2026, le chef de l’État a estimé que la gestion du présent doit conduire à envisager l’avenir avec « lucidité » et à le préparer avec « courage ». Il a placé son intervention sous le signe de la responsabilité, du rassemblement et de la confiance en l’avenir.
Félix Tshisekedi est revenu sur les différentes crises qui ont marqué l’histoire de la RDC depuis son accession à l’indépendance. Il a évoqué les sécessions, les affrontements politiques, les ingérences extérieures, les luttes pour le pouvoir, les guerres successives, les violences communautaires ainsi que l’affaiblissement de l’autorité de l’État.
Le président congolais a particulièrement insisté sur la situation dans l’est du pays, confronté depuis plus de trois décennies à des conflits armés et à une instabilité persistante.
« Trente ans, ce n'est plus une crise passagère, c'est une génération entière qui est décimée », a-t-il déclaré, soulignant que des enfants sont nés dans la guerre, ont grandi dans l’insécurité et sont devenus à leur tour parents sans avoir connu une paix véritable.
Il a également évoqué les conséquences humaines et économiques de ces conflits : déplacements de populations, exils, violences sexuelles, destruction des villages et exploitation illégale des ressources naturelles.
Goma, Bukavu, Bunagana, Ruguru, Masisi, Nyiragongo, Lubero, Beni, Djugu, Irumu, Kalehe et Uvira figurent, selon lui, parmi les zones qui ont payé le plus lourd tribut à cette longue période d’instabilité.
Malgré ce lourd bilan, le chef de l’État a salué la résilience de la population congolaise et son attachement à l’unité nationale.
Il a rappelé que, face aux crises majeures, les Congolais ont régulièrement eu recours au dialogue pour tenter de trouver des compromis. Il a notamment cité la Conférence nationale souveraine ainsi que le dialogue intercongolais de Sun City, présenté comme ayant contribué à la réunification des institutions après les années de guerre et de partition de fait du territoire national.
Cependant, Félix Tshisekedi reconnaît que ces différents processus n’ont pas permis de régler durablement les causes profondes des crises. Malgré les accords et les engagements issus de ces rencontres, les conflits ont resurgi, de nouveaux groupes armés sont apparus et les tensions foncières et identitaires se sont aggravées.
C’est dans ce contexte que le président de la République pose une question qu’il présente comme fondamentale pour la conscience nationale :
« Pourquoi, 66 ans après l'indépendance, notre pays reste-t-il confronté aux mêmes fragilités, aux mêmes fractures et au retour régulier des mêmes crises ? »
Cette interrogation constitue l’un des principaux axes de son adresse à la Nation. Elle ouvre la voie à une réflexion sur les causes structurelles de l’instabilité congolaise et sur la nécessité de tirer les leçons des expériences passées.
Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu dépasse donc la seule gestion de la crise actuelle. Il s’agit de parvenir à transformer les épreuves traversées par le pays en une occasion de « renouveau », en rassemblant les forces nationales autour d’une vision commune de l’avenir.
Félix Mulumba
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