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jeudi 22 octobre 2026

Et…si tu étais bien entouré ?

Gouverner, ce n’est pas seulement occuper un fauteuil. C’est savoir écouter, s’entourer des bonnes personnes et transformer les promesses en résultats. Au Kasaï-Central, alors que les critiques contre le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu se multiplient, une question mérite d’être posée : et si le problème se trouvait aussi dans son entourage ?


Monsieur le Gouverneur, et si tu étais bien entouré ?


La question peut paraître simple. Pourtant, elle mérite réflexion au regard du climat politique qui s’installe au Kasaï-Central. Les critiques de l’UDPS, les revendications de certains élus provinciaux et les interrogations sur les résultats de l’action gouvernementale dessinent une réalité que l’on ne peut pas balayer d’un revers de la main.


Lorsqu’un gouverneur est contesté, le réflexe consiste souvent à regarder uniquement celui qui occupe le sommet de l’exécutif provincial. Mais gouverner, c’est aussi travailler avec une équipe, écouter les conseils, arbitrer les divergences et savoir reconnaître les erreurs. Un responsable peut-il réussir si ceux qui l’entourent ne lui disent que ce qu’il veut entendre ?


Le danger d’un entourage qui applaudit au lieu d’alerter


Monsieur le Gouverneur, autour de toi, les voix sont-elles suffisamment libres pour te dire la vérité ? Qui ose te rappeler les attentes de la population lorsque les réunions se terminent par des applaudissements ? Qui te présente les difficultés des territoires, l’état des routes de desserte agricole, les besoins des centres de santé et les réalités quotidiennes des habitants de Kananga ?


Un entourage utile n’est pas celui qui applaudit toutes les décisions. C’est celui qui sait prévenir les erreurs, dénoncer les insuffisances et proposer des solutions avant que les difficultés ne deviennent des crises politiques.


Le véritable conseiller n’est pas nécessairement celui qui te défend partout. C’est aussi celui qui te parle franchement, même lorsque ses observations dérangent.


Car, au bout du compte, ce ne sont ni les discours des proches ni les déclarations des collaborateurs qui seront jugés par la population. Ce sont les résultats.


Les réalisations ne se décrètent pas, elles se constatent


Au Kasaï-Central, les attentes sont concrètes. Les habitants veulent des routes praticables, des ponts qui facilitent les échanges, des écoles dignes de ce nom, des structures sanitaires fonctionnelles et des perspectives économiques pour les jeunes.


La population ne demande pas seulement de connaître les intentions de ses dirigeants. Elle veut voir ce qui a changé dans son quotidien.


Lorsque l’UDPS met en cause le bilan du gouverneur et réclame son départ, il ne suffit pas de considérer cette contestation comme une simple bataille politique. Il faut aussi examiner les questions qu’elle soulève : quels engagements ont été tenus ? Quels projets ont effectivement été exécutés ? Quelles ressources ont été mobilisées ? Quels résultats peuvent être présentés aux citoyens ?


Ces interrogations méritent des réponses précises, étayées par des réalisations vérifiables et un bilan accessible au public.


Bien entendu, la critique politique ne constitue pas, à elle seule, une preuve d’échec. Mais elle peut devenir une occasion de réévaluer les méthodes de travail, de corriger les insuffisances et de renouer le dialogue avec les forces vives de la province.


Le piège de l’isolement politique


Monsieur le Gouverneur, il existe une différence fondamentale entre être entouré et être bien entouré.


Être entouré, c’est avoir des personnes autour de soi. Être bien entouré, c’est pouvoir compter sur des collaborateurs compétents, des conseillers indépendants d’esprit, des techniciens capables de proposer des solutions et des interlocuteurs qui n’ont pas peur de soulever les problèmes.


C’est également savoir écouter les critiques sans les considérer systématiquement comme des actes d’hostilité.


Dans une province où les sensibilités politiques sont diverses, le dialogue avec les élus, les responsables des partis, les organisations de la société civile, les opérateurs économiques et les professionnels des médias peut contribuer à prévenir les malentendus et à identifier des priorités communes.


La confiance ne se construit pas uniquement par des alliances politiques. Elle se gagne aussi par la transparence, la cohérence des décisions et la capacité à rendre compte de son action.


Et si, au lieu de chercher uniquement ceux qui te défendent, tu privilégiais ceux qui t’aident à mieux gouverner ?


Le temps des choix


Le Kasaï-Central ne peut pas se permettre de voir les préoccupations de développement reléguées au second plan par des affrontements politiques permanents. Les divergences entre responsables ne devraient pas empêcher la recherche de solutions aux problèmes de la population.


Le gouverneur a la responsabilité de présenter son bilan, d’expliquer ses choix et de démontrer, par des faits, comment son action répond aux besoins de la province. Ses collaborateurs ont, eux aussi, le devoir de l’accompagner avec compétence et franchise. Quant aux acteurs politiques qui le contestent, ils doivent également faire preuve de responsabilité et privilégier des propositions concrètes.


Car le débat ne devrait pas se limiter à savoir qui doit rester ou partir. Il devrait surtout porter sur ce que les institutions provinciales peuvent accomplir pour améliorer les conditions de vie des habitants.


Monsieur le Gouverneur, le pouvoir est provisoire, mais les conséquences des décisions publiques peuvent durer longtemps. Un entourage complaisant peut entretenir l’illusion que tout va bien. Un entourage compétent et sincère peut, au contraire, aider à voir les difficultés avant qu’elles ne deviennent insurmontables.


Alors, une dernière fois : et si tu étais bien entouré ?


Peut-être que certaines critiques seraient mieux comprises, certaines erreurs corrigées plus tôt et certains projets transformés en réalisations concrètes.


Au fond, la vraie question n’est pas de savoir combien de personnes se tiennent à tes côtés. Elle est de savoir combien sont prêtes à te dire la vérité, à travailler pour l’intérêt général et à rappeler que le pouvoir n’est pas une récompense personnelle, mais une responsabilité envers le peuple.


Au Kasaï-Central, les habitants n’attendent pas seulement un gouverneur entouré. Ils attendent une gouvernance qui se voit, des résultats qui se mesurent et des engagements qui se concrétisent.


Félix Mulumba Kalemba, journaliste éditorialiste et libre penseur 

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