L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) livre son analyse des deux mobilisations organisées récemment autour du débat sur l’avenir de la Constitution en République démocratique du Congo. Dans une interview accordée à Actu-Service.net ce jeudi 24 septembre 2026, Me Quasi Kabandila, analyste politique et coordonnateur provincial de l’ACAG, revient notamment sur les manifestations de la Coalition Article 64 (C64) et de l’UDPS avec ses alliés.
La C64 avait mobilisé ses partisans le 15 septembre pour s’opposer à toute initiative de révision ou de changement de la Constitution, ainsi qu’à un éventuel troisième mandat présidentiel. Une semaine plus tard, l’UDPS et ses alliés ont organisé des marches dans plusieurs villes du pays pour soutenir les institutions, le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi et le processus référendaire.
Me Quasi Kabandila salue l’encadrement sécuritaire
Sur le volet sécuritaire, le coordonnateur provincial de l’ACAG estime que la marche de la C64 a bénéficié d’un dispositif permettant son encadrement. Il salue à ce titre l’intervention des autorités nationales et provinciales, notamment le déploiement des éléments de la Police nationale congolaise.
Pour Me Quasi Kabandila, la présence des forces de l’ordre devait avant tout permettre aux citoyens de manifester dans un cadre sécurisé, conformément à leurs droits.
« Pourquoi la Constitution doit être changée ? »
Sur le fond du débat, l’analyste politique estime que les différentes positions exprimées dans la rue doivent désormais être confrontées aux questions de fond.
« L’opposition a barricadé toute initiative liée au changement de la Constitution, mais la question qu’il faut se poser est : qu’est-ce que vous apportez comme question de droit à débattre ? Présentement, ce qui est à analyser, c’est pourquoi la Constitution doit être changée et quelles sont les motivations de la révision constitutionnelle ? », a-t-il déclaré.
Il estime également que l’annonce d’un dialogue national ouvre, selon lui, un espace permettant aux différentes parties de présenter leurs arguments et leurs préoccupations.
L’UDPS et ses alliés défendent une autre position
Revenant sur la mobilisation du 22 septembre, organisée par l’UDPS et ses alliés, Me Quasi Kabandila considère les deux manifestations comme des formes d’expression politique dans le cadre du débat démocratique.
Cette marche avait notamment pour objectifs, selon les organisateurs, de soutenir les institutions de la République, le dialogue national et le processus référendaire. Des mobilisations similaires ont été organisées à Kananga, Tshikapa et Mbuji-Mayi dans le Grand Kasaï.
« D’un côté, on ne veut pas que la Constitution soit révisée, mais d’un autre côté, on veut que certains articles de la Constitution soient un peu touchés pour redonner aux citoyens congolais la plénitude d’exercice de leurs droits », a ajouté l’analyste.
Loi référendaire : Me Quasi Kabandila évoque la suite du processus
Abordant la question de la loi référendaire, Me Quasi Kabandila estime que le processus doit suivre les différentes étapes prévues par les institutions compétentes avant d’être soumis à l’appréciation des citoyens.
Il souligne ainsi l’importance de respecter les procédures légales et de permettre à la population de se prononcer sur les textes qui lui seraient soumis.
« La marche ne doit pas se solder par la popularité »
Pour le coordonnateur provincial de l’ACAJ, l’importance d’une manifestation politique ne devrait pas uniquement être appréciée à travers le nombre de participants dans les rues.
« La marche ne doit pas se solder par la popularité ou l’effectif des citoyens dans les rues. Elle doit être soldée par les attentes : si les attentes sont conformes à la Constitution et aux besoins primaires des citoyens », a-t-il soutenu.
Me Quasi Kabandila invite ainsi les acteurs politiques à s’interroger sur les attentes concrètes de la population et sur les réponses qu’ils proposent dans le cadre du débat politique.
« Qu’est-ce que la population veut ? Qu’est-ce que les tenants des mouvements politiques peuvent apporter à cette population comme discours ? », s’est-il interrogé.
Jovanie Pasua Buloba
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