L’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) monte au créneau au sujet du dialogue annoncé en République démocratique du Congo. Dans une interview ce jeudi 13 août 2026 à Actu-Service.net, l’organisation fait part de ses réserves quant à sa participation à un processus qui réunirait, autour d’une même table, les victimes et ceux qu’elle considère comme leurs bourreaux.
Pour l’ANVC, la recherche de la paix ne peut se faire au prix de l’effacement des responsabilités. L’organisation estime qu’il serait difficilement acceptable de demander aux victimes de dialoguer directement avec des personnes qu’elles accusent d’avoir été à l’origine de leurs souffrances.
Dans son argumentaire, l’association rappelle avoir officiellement saisi le chef de l’État afin de lui faire connaître sa position. Elle estime que le président de la République, en tant que garant des institutions et protecteur des intérêts des citoyens, devrait accorder une attention particulière aux revendications des victimes.
« On ne peut pas mettre les victimes et les bourreaux autour de la même table »
La principale inquiétude exprimée par l’ANVC concerne la composition du futur dialogue. Pour l’association, inviter les responsables présumés des violences aux côtés des victimes reviendrait à brouiller les responsabilités et pourrait, selon elle, contribuer à une nouvelle victimisation des personnes déjà éprouvées par les conflits.
L’organisation pose ainsi une question centrale : quelle place doit être accordée à la justice dans un processus de dialogue ?
Pour l’ANVC, le dialogue ne devrait pas se substituer à la justice. Les victimes doivent d’abord obtenir la reconnaissance des faits, l’établissement des responsabilités et, le cas échéant, des mécanismes de réparation.
L’association prévient dès lors que si les acteurs qu’elle considère comme les bourreaux des victimes sont officiellement associés au dialogue, elle pourrait ne pas répondre à une éventuelle invitation.
*L’ANVC demande une place centrale pour les victimes*
Au-delà du refus de principe, l’Association nationale des victimes du Congo entend replacer les victimes au cœur du processus politique envisagé.
Elle estime que toute initiative visant à rechercher une solution durable aux crises congolaises doit prendre en compte la mémoire des personnes tuées, déplacées, blessées ou ayant subi d’autres formes de violences.
Pour l’ANVC, la paix et la justice ne doivent pas être opposées. La recherche d’un compromis politique devrait, selon elle, être accompagnée de garanties permettant aux victimes de connaître la vérité sur les événements qu’elles ont vécus et d’obtenir réparation.
La balle est désormais dans le camp des autorités, particulièrement de la présidence de la République, à qui l’association a adressé sa correspondance. La question reste de savoir quelle place le futur dialogue accordera aux victimes et comment la justice sera articulée avec la recherche d’un compromis politique.
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