Une vive tension a été observée ce mercredi 22 avril 2026 à Tshikapa, où plusieurs élèves filles des écoles secondaires publiques, bénéficiaires du Projet d'Apprentissage et d'Autonomisation des Filles (PAAF), se sont soulevées pour protester contre leur renvoi des établissements scolaires.
À l’origine de cette situation, une décision prise le samedi 18 avril par le collectif des chefs d’établissements, évoquant des difficultés de fonctionnement liées notamment au non-paiement des frais scolaires par le projet en charge de ces élèves. Un ultimatum de 48 heures avait alors été accordé à la coordination du PAAF pour régulariser la situation.
À l’expiration de ce délai, le mardi 21 avril, les élèves concernées ont été renvoyées des écoles, déclenchant leur mobilisation. En réaction, elles ont investi plusieurs institutions, notamment la Direction provinciale de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté (EDU-NC), le bureau provincial du PAAF ainsi que le Gouvernorat.
Tout au long de leur marche, les manifestantes ont exprimé leur colère à travers des chants réclamant la reprise des cours et le respect des engagements du projet. « Payez les enseignants, nous voulons étudier », scandaient-elles, dénonçant l’arrêt des enseignements dans leurs écoles.
Devant le bureau provincial du PAAF, certaines élèves ont insisté sur la nécessité d’obtenir une position claire des responsables du projet. « Nous voulons étudier. Qu’on nous dise clairement si le PAAF va payer ou pas, car nos enseignants ne nous enseignent plus », a déclaré l’une d’elles sous anonymat.
La situation, qui a suscité une forte agitation dans la ville, a été partiellement apaisée au niveau du Gouvernorat, où la directrice provinciale de l’EDU-NC/Kasaï 1, Virginie Alembe Mbilinga, accompagnée du directeur provincial de la DINACOPE, Eddy Ndunda Mumama, a échangé avec les élèves.
Dans une intervention de quelques minutes, la Proved a réussi à calmer les manifestantes, qui ont finalement regagné leurs domiciles dans une ambiance plus apaisée.
Cependant, malgré ce retour au calme relatif, la crise demeure entière. Une réunion s’est tenue le même jour au Gouvernorat entre les autorités, les syndicalistes et certains chefs d’établissements concernés, sans qu’une solution définitive ne soit annoncée.
Cette situation met en lumière les défis persistants dans la mise en œuvre des programmes d’appui à l’éducation, alors que des milliers de jeunes filles restent dans l’incertitude quant à la poursuite de leur scolarité.
Jovanie Pasua Buloba
Enregistrer un commentaire