Entre appels aux sanctions contre Joseph Kabila, critiques de la position de l’Union africaine et plaidoyer pour un rapprochement entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, la crise politique et sécuritaire en RDC domine l’actualité des journaux ce mercredi 21 octobre 2026. La presse congolaise revient également sur l’audit réclamé des fonds destinés à la lutte contre Ebola, la grève annoncée des agents publics à Kinshasa et l’expulsion de 114 ressortissants étrangers en situation irrégulière des provinces minières.
La RDC serait-elle abandonnée par ses soutiens ? Contre toute attente, déplore Le Nouvel Observateur, aucun partenaire crédible de la République démocratique du Congo n’est monté au créneau pour condamner fermement l’acte de Joseph Kabila.
De son côté, Le Potentiel rapporte que Joseph Kabila est dans le viseur des eurodéputés. Dans une déclaration commune, deux parlementaires européens appellent l’Union européenne à sanctionner l’ancien président congolais, les dirigeants de son mouvement ainsi que les responsables rwandais qu’ils accusent de soutenir le M23.
Face aux tensions politiques et sécuritaires persistantes en RDC, l’Union africaine réaffirme son attachement au dialogue inclusif, au respect de l’ordre constitutionnel et à l’intégrité territoriale du pays. Selon L’Avenir, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, met en garde contre toute prise de pouvoir par la force. Il appelle également les acteurs politiques à préserver les processus diplomatiques de Doha et de Washington, dans l’espoir d’aboutir à une paix durable.
En soutenant les efforts de Félix Tshisekedi et la médiation régionale conduite par Faure Gnassingbé, l’organisation continentale appelle les acteurs congolais à privilégier la concertation pour prévenir une nouvelle escalade et ouvrir la voie à une paix durable, ajoute Chronik’Eco.
Une position que Forum des As juge insuffisante. Depuis Addis-Abeba, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a publié un communiqué dans lequel il affirme suivre de près l’évolution de la situation sécuritaire et politique en RDC. Fait notable, regrette le quotidien, le texte ne cite ni Joseph Kabila ni le Front pour la refondation de la nation (FRN), alors que ces deux noms sont au centre de l’actualité politique congolaise.
Réuni en plénière mardi, le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a appelé à un rapprochement entre le président de la République et son prédécesseur. Pour cette institution dirigée par Joseph Olenghankoy, écrit AfricaNews, cette voie constitue « le chemin le plus rapide et le moins coûteux » pour sortir de la crise.
Tshisekedi et Kagame annoncés à Moscou, barre à la une Congo Nouveau, qui précise que la capitale russe accueillera, les 28 et 29 octobre, le troisième Sommet Russie-Afrique.
À Kinshasa, l’opposant Mike Mukebayi interpelle la coalition C64 et Ensemble pour la République sur leur silence face à Joseph Kabila. Selon Infos27, il a critiqué l’attitude de ces deux structures politiques, dont son propre parti, Ensemble pour la République, face à la rébellion de l’ancien président. Il appelle à faire prévaloir l’intérêt national sur les considérations partisanes.
Dans le même registre, La Référence Plus rapporte les critiques de Jean-Claude Katende à l’égard du Front pour la refondation de la nation, initié par l’ancien président Joseph Kabila. Le défenseur des droits humains rappelle que, durant son règne, ce dernier s’opposait à la prise du pouvoir par les armes. Il appelle ainsi les Congolais à ne pas soutenir une démarche qu’il juge contraire aux principes républicains.
Toujours sur le plan sécuritaire, des centaines de militaires en formation à Mura seront bientôt déployés sur le terrain. D’après 7sur7.cd, l’annonce a été faite par le vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, lors d’une visite au centre d’instruction situé à environ 120 kilomètres de Lubumbashi.
Poursuivons avec Congo Nouveau, qui revient sur les critiques de Jean-Claude Tshisekedi concernant la gestion de son frère, le président Félix Tshisekedi. Lors d’une soirée de vernissage consacrée à un ouvrage en mémoire de leur mère, Marthe Kasalu, le fils aîné de l’opposant historique Étienne Tshisekedi est sorti de sa réserve habituelle. En présence de son jeune frère, il a publiquement dénoncé l’éloignement des idéaux défendus par leur père.
Changeons de chapitre. L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) exige un audit sur la gestion des 750 millions de dollars américains alloués à la lutte contre Ebola. Dans ses colonnes, La Prospérité rapporte que l’organisation de défense des droits humains a officiellement saisi l’Inspection générale des finances (IGF). Elle soupçonne une gestion opaque des fonds destinés à la riposte contre l’épidémie en RDC.
Dans le reste de l’actualité, le Barreau du Nord-Kivu a porté plainte, mardi, contre le commissaire supérieur principal Georges Ngonzila, commandant de la Police nationale congolaise à Butembo. La plainte a été déposée auprès de l’Auditorat militaire supérieur du Nord-Kivu, basé à Beni.
Selon Actu30.cd, cette démarche fait suite à des faits présumés d’arrestation arbitraire, de torture, de coups et blessures dont aurait été victime Me Papy Wakilongo, avocat au Barreau du Nord-Kivu, le samedi 17 octobre dernier à Butembo.
Autre actualité : les agents des services publics de Kinshasa prévoient d’entamer une grève générale et sectorielle ce mercredi 21 octobre pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaire. Selon La Manchette, l’annonce a été faite mardi par l’intersyndicale de l’administration publique urbaine, à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire.
Tout autre sujet : Samuel Mbemba veut faire des entreprises des alliées des droits humains. D’après AfricaNews, le ministre des Droits humains a lancé, à Kinshasa, les travaux de relance du processus d’élaboration du Plan d’action national sur les entreprises et les droits humains. L’initiative vise à concilier l’exploitation des richesses nationales avec le respect des droits fondamentaux.
Nous terminons cette revue de presse avec Chronik’Eco, qui annonce l’expulsion de 114 ressortissants chinois et philippins en situation irrégulière des provinces minières. L’opération, menée dans le Lualaba et le Haut-Katanga, s’inscrit dans le cadre des contrôles migratoires visant à vérifier la régularité du séjour des étrangers dans ces deux provinces à forte activité minière.
Tapie Lutunu
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