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lundi 26 octobre 2026

RDC : Rome, référendum et troisième mandat, les dossiers qui enflamment la scène politique

 


La classe politique congolaise est au cœur d’une séquence politique tendue. Alors que les cinq dirigeants de la C64 se retrouvent à Rome pour harmoniser leurs positions, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi sur le référendum. Dans le même temps, Félix Tshisekedi évoque son avenir politique à l’approche de la fin de son deuxième mandat, prévue en décembre 2028. Voici ce qu’il faut retenir de la presse congolaise de ce lundi 26 octobre 2026.


Dans le secteur minier, Congo Nouveau rapporte que le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, entend renforcer l’assainissement de la filière. Cette démarche, inscrite dans la vision du président Félix Tshisekedi, concerne aussi bien les exploitants industriels et artisanaux que les services publics chargés de leur encadrement.


L’objectif affiché est de soumettre l’ensemble des intervenants aux mêmes exigences de responsabilité et de faire respecter l’autorité de l’État à tous les niveaux de la chaîne minière.


Sur le front politique, les regards se tournent vers Rome, en Italie, où les cinq dirigeants de la Coalition de l’opposition pour un Congo démocratique (C64) sont attendus les 26 et 27 octobre. Selon Forum des AS, cette rencontre doit permettre aux opposants de rapprocher leurs positions sur les grandes questions nationales et de clarifier leur attitude face à la nouvelle dynamique politico-militaire à l’Est, à laquelle est associé l’ancien président Joseph Kabila.


Mais cette réunion suscite également des interrogations sur les possibles recompositions politiques. Exclusif RDC évoque un rapprochement présumé entre la C64, le Front de résistance nationale associé à Joseph Kabila et certaines figures de l’opposition, avec pour objectif de faire front contre Félix Tshisekedi. Le média cite aussi le cardinal Fridolin Ambongo et certains prélats de la CENCO parmi les personnalités qui auraient participé à des échanges sur l’avenir politique du pays, la Constitution et la possibilité d’un troisième mandat présidentiel.


De son côté, Le Phare s’interroge sur la présence du cardinal Fridolin Ambongo et de l’opposant Delly Sesanga à bord d’un même avion à destination de Rome. Une coïncidence qui alimente les spéculations, sans suffire à établir l’existence d’une stratégie politique commune.


Alors que les consultations politiques se poursuivent dans la capitale italienne, le déplacement de Prince Epenge a été perturbé à Kinshasa. Africanews rapporte que l’opposant a été empêché dimanche d’embarquer à l’aéroport international de N’djili, alors qu’il devait se rendre à Rome avec Martin Fayulu.


Selon RFI, Prince Epenge aurait ensuite été interpellé. Son camp exige la confirmation du lieu où il est détenu, sa libération sans condition ainsi que la restitution de son passeport.


Cet incident intervient dans un climat politique marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, au moment où la C64 tente de définir une position commune sur les enjeux nationaux.


Pendant ce temps, Félix Tshisekedi hausse le ton contre son prédécesseur. Selon Chronik’Eco, le chef de l’État a qualifié Joseph Kabila de « peureux » devant les parlementaires de l’Union sacrée, quelques jours après la création du Front de résistance nationale. Il a également accusé le président rwandais Paul Kagame d’avoir contribué à la déstabilisation des institutions congolaises et à l’affaiblissement de la crédibilité internationale de la RDC.


Pour Infos27, le président a dénoncé le choix de son ancien partenaire politique, réaffirmé sa confiance dans les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et annoncé la désignation prochaine des responsables chargés de conduire le dialogue national.


La question reste toutefois de savoir quels acteurs participeront à ces discussions. D’après Le Potentiel, les préparatifs pourraient avancer sans attendre Joseph Kabila et Corneille Nangaa, alors que les modalités définitives de participation ne sont pas encore précisées.


C’est l’un des points les plus sensibles rapportés par la presse. Selon Le Phare, Félix Tshisekedi a évoqué devant les parlementaires de l’Union sacrée la possibilité de quitter le pouvoir à la fin de son deuxième mandat, en décembre 2028, ou de briguer un troisième mandat en fonction du résultat d’un éventuel référendum constitutionnel.


Africanews rapporte cette déclaration attribuée au chef de l’État : « Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là. Mais sachez que j’ai une mission : celle de mettre le pays sur les rails, d’installer une paix véritable et durable. »


Cette prise de position intervient alors que la question d’une éventuelle modification de la Constitution divise la classe politique. Les opposants à cette perspective y voient un risque de remise en cause de la limitation des mandats, tandis que le débat se poursuit autour des conditions d’organisation d’un éventuel référendum.


Par ailleurs, La Une FM indique que les parlementaires membres de l’Union sacrée ont renouvelé leur soutien au président de la République, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays.


L’autre dossier majeur de cette revue de presse concerne l’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi fixant les modalités d’organisation du référendum.


Selon Exclusif RDC, le texte a été adopté après la prise en compte des observations formulées par la Cour constitutionnelle sur plusieurs de ses dispositions.


La Référence Plus précise que, sur les 347 députés ayant participé au vote, 346 se sont prononcés en faveur du texte, aucun n’a voté contre et un seul s’est abstenu.


Mais cette large majorité ne met pas fin à la controverse. Dans ses colonnes, La Prospérité critique le calendrier de cette initiative législative, estimant que l’accélération du processus intervient alors que l’Est de la RDC reste confronté aux conflits armés et à une insécurité persistante. Le journal s’interroge sur les priorités du pouvoir et sur les intentions politiques entourant cette démarche.


De son côté, L’Avenir rapporte que l’opposition dénonce un « passage en force ». Pour les contestataires, l’adoption de cette loi soulève des interrogations sur l’avenir de la Constitution du 18 février 2006 et sur les intentions de la majorité présidentielle.


Enfin, Congo Nouveau relaie l’appel de Salomon Kalonda au Sénat, au chef de l’État et à la population pour rejeter le texte. Il estime que cette loi pourrait faciliter une révision constitutionnelle susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi et invite les sénateurs à ne pas « ouvrir la boîte de Pandore ».


Tapie Lutunu

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