Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a multiplié les attaques contre l’ancien président Joseph Kabila et les responsables de l’opposition, samedi 10 octobre, devant les militants de son parti à Kinshasa. De la récente sortie médiatique de l’ancien chef de l’État à la mort d’un militant de l’ADD Congo, le cadre du parti présidentiel a tenu des propos particulièrement virulents.
Augustin Kabuya a balayé d’un revers de la main la récente intervention publique de Joseph Kabila, qu’il considère comme dépourvue d’intérêt politique.
« Nous ne pouvons pas nous focaliser sur la sortie médiatique infructueuse de l’ancien président Joseph Kabila. Sinon, c’est un non-événement », a-t-il déclaré devant les combattants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).
Le numéro deux du parti présidentiel a également rejeté les accusations selon lesquelles la mobilisation organisée par son camp aurait été financée. S’appuyant sur la participation enregistrée dans les 26 chefs-lieux du pays, il a mis en doute la crédibilité de ceux qui dénoncent une mobilisation rémunérée.
Affaire ADD Congo : Kabuya exige une autopsie
La mort d’un militant de l’ADD Congo a également occupé une place importante dans son intervention. Augustin Kabuya a rejeté les accusations de l’opposition mettant en cause les jeunes de la Force du progrès dans ce décès.
Il a accusé ses adversaires d’utiliser des vidéos qu’il présente comme générées par intelligence artificielle pour incriminer l’UDPS. Face à ces accusations, il a appelé à la réalisation d’une autopsie afin d’établir les circonstances de la mort.
« Ils doivent accepter l’autopsie. Pourquoi ils en refusent ? Ils savent la vérité sur ça », a-t-il lancé.
S’adressant aux journalistes, il leur a demandé de contribuer à l’établissement des faits, affirmant que le militant n’aurait pas été tué à Limete, contrairement à ce qui est avancé. Ces affirmations restent toutefois à confronter aux conclusions d’une enquête et aux éléments médico-légaux disponibles.
Le bilan de Joseph Kabila remis en cause
Poursuivant ses critiques, Augustin Kabuya a reproché à l’ancien président de dénoncer les assassinats de journalistes sous le pouvoir actuel sans, selon lui, rendre compte des crimes commis durant ses années à la tête du pays.
Il a notamment cité le meurtre de Franck Ngyke et de son épouse Hélène, en novembre 2005, sous la présidence de Joseph Kabila.
Le secrétaire général de l’UDPS a par ailleurs dressé un tableau négatif de la situation dans laquelle, selon lui, l’ancien chef de l’État aurait laissé le pays, évoquant notamment les réserves financières et le déficit d’infrastructures routières et administratives dans les provinces.
À l’inverse, il a vanté la politique de Félix Tshisekedi en matière de réinsertion des jeunes autrefois impliqués dans la délinquance urbaine, communément appelés « Kulunas », affirmant que certains sont désormais mobilisés dans des activités de construction.
Des propos controversés contre l’ancien chef de l’État
Au cours de cette prise de parole, Augustin Kabuya est allé au-delà de la confrontation politique, mettant en cause les capacités mentales de Joseph Kabila et contestant sa légitimité à donner des leçons aux Congolais.
Il a également évoqué le sort de Jonas Savimbi, l’ancien chef rebelle angolais tué en 2002, dans une comparaison visant l’ancien président congolais. Ces propos, particulièrement sensibles, accentuent la virulence des échanges entre les deux camps.
Enfin, Augustin Kabuya a exhorté Olive Lembe Kabila à prier pour son époux, allant jusqu’à évoquer un besoin d’exorcisme et de délivrance.
Cette intervention témoigne de la persistance des tensions entre l’UDPS et les opposants au pouvoir de Félix Tshisekedi. Elle remet notamment au centre du débat les accusations liées à la mort du militant de l’ADD Congo, les responsabilités encore à établir dans cette affaire et la confrontation politique entre l’ancien président Joseph Kabila et le camp présidentiel.
Actu-Service.net
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