Il y a des écoles qui ne sont pas de simples bâtiments. Elles sont une mémoire. L'Institut de Tshikapa fait partie de celles-là. L'une des plus anciennes et prestigieuses écoles de la province du Kasaï, cette institution a marqué l'histoire éducative de toute une région. Aujourd'hui, elle est en train de mourir, lentement avalée par un ravin. Face à cette tragédie, le Coprovigue-ONG lance un appel pressant.
Fondé il y a plusieurs décennies, l'Institut de Tshikapa a formé des générations d'élèves. Dans ses salles de classe sont passés des cadres, des médecins, des professeurs, des hommes politiques et des serviteurs de l'État qui font aujourd'hui la fierté du Kasaï et de la RDC.
C'est un véritable symbole de l'excellence scolaire kasaïenne. Mais le constat actuel est amer et attriste tous les anciens. Les bâtiments, jadis imposants, se fissurent. Les cours de récréation sont grignotées par l'érosion. Un énorme ravin, qui progresse à une vitesse inquiétante à chaque saison des pluies, menace désormais de faire disparaître l'école de la carte.
Faute d'entretien et de travaux de lutte anti-érosive, l'histoire est sur le point de s'effondrer. Face à cette situation préoccupante, le Collectif pour la Protection et l'Assistance des Victimes de Guerres et des Groupes Vulnérables, Coprovigue-ONG en sigle, dont l'éducation figure parmi les domaines d'intervention prioritaires, sort de son silence.
La structure humanitaire lance un appel humble mais urgent aux autorités compétentes, aux anciens de l'Institut, aux entreprises et à toutes les personnes de bonne volonté.
« Préserver l'Institut de Tshikapa, c'est protéger un patrimoine éducatif et investir dans l'avenir des générations futures, y compris des victimes de guerres et des groupes vulnérables que nous défendons », indique le Coprovigue-ONG.
Pour l'organisation, laisser disparaître cette école serait une faute historique. Dans une déclaration, son Coordonnateur National, Sadam Kapanda wa Kapanda, a souligné :
« Merci de vous mobiliser pour redonner à cette école historique l'image qu'elle mérite. C'est préserver l'éducation pour toutes catégories. L'éducation est la seule arme qui peut sortir durablement nos enfants vulnérables de la précarité. »
Le Coprovigue-ONG plaide pour des mesures concrètes et urgentes notament : la construction entiere du bâtiment et de caniveaux pour stopper la progression du ravin; et aussi l'équipement de l'école en bancs et matériels didactiques
L'organisation se dit disponible pour accompagner toute initiative et pour mobiliser ses partenaires techniques et financiers autour de ce projet de sauvetage. L'Institut de Tshikapa a donné au Kasaï ses élites. Il est temps que le Kasaï lui rende ce qu'il lui doit.
Actu-Service.net

Enregistrer un commentaire