Les agents et cadres de la santé du territoire de Dekese, dans la province du Kasaï, s’opposent à un éventuel retour au système comptable pour le paiement de leurs salaires. Dans une correspondance adressée à la ministre provinciale de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, à Tshikapa, ils réaffirment leur attachement à la bancarisation, qu’ils considèrent comme une avancée majeure dans la sécurisation de leurs rémunérations.
Selon les signataires, un message annonçant le retour à l’ancien système de paiement circule au sein du personnel et suscite une vive inquiétude. Ils redoutent une régression après les améliorations enregistrées grâce au paiement par voie bancaire.
« Nous exprimons fermement notre soutien total avec équité au système de la bancarisation, étant donné que celui-ci vient de nous libérer de toutes les servitudes salariales », écrivent-ils dans leur correspondance.
Les agents de santé saluent notamment le recours à la banque Equity BCDC, mis en place, selon eux, sur instruction du président de la République. Ils affirment que 90 % des agents sont déjà identifiés, disposent de cartes bancaires et perçoivent leurs rémunérations par voie bancaire, avec la possibilité de recourir au Mobile Money pour accéder à leurs fonds.
Des souvenirs douloureux de l’ancien système
Pour justifier leur opposition, les agents et cadres de la santé de Dekese évoquent les difficultés qu’ils disent avoir subies sous l’ancien système comptable.
Ils dénoncent notamment les risques liés au transport des salaires à moto et en baleinière jusqu’au comptable, les retards de paiement pouvant atteindre deux à trois mois ainsi que les retenues successives sur leurs rémunérations.
Pour eux, le retour à ce mécanisme constituerait un recul susceptible de compromettre la stabilité financière de leurs ménages.
« Nous serons considérés comme les Israélites qui allaient vers la Terre promise, voulaient encore retourner en Égypte pour souffrir davantage », déplorent-ils, exprimant ainsi leur crainte de revivre les difficultés du passé.
Un plaidoyer auprès des autorités
Dans leur correspondance, les agents de santé sollicitent l’implication de la ministre provinciale de la Santé afin qu’elle porte leurs revendications auprès des autorités compétentes, notamment le gouverneur de province, le ministre de la Fonction publique, le ministre des Finances et la ministre nationale de la Santé.
Leur objectif est d’obtenir le maintien durable du système de bancarisation et d’éviter toute décision susceptible de remettre en cause les acquis qu’ils estiment avoir obtenus.
Les signataires appellent également la ministre provinciale à intervenir pour préserver les conditions de vie de leurs familles, dont la scolarité des enfants dépend notamment de la régularité des salaires.
« Pour éviter le pire dans nos salaires, pour ne pas mettre la vie de nos enfants qui étudient partout ailleurs en danger, nous vous demanderons de vous impliquer dans cette situation qui ronge les agents ici à Dekese », concluent-ils.
À travers cette démarche, les professionnels de santé de Dekese entendent faire entendre leur voix et obtenir des garanties sur le maintien du mode de paiement bancaire de leurs rémunérations.
Sadam Kapanda wa Kapanda
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