RDC : 72 villages déclarés pacifiés dans les zones affectées par le phénomène Mobondo

Le gouvernement congolais annonce de nouvelles avancées dans le processus de sortie de crise dans les territoires affectés par le phénomène Mobondo. Le ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, a fait état, lundi 17 août, de la pacification de 72 villages répartis dans le triangle couvrant le Grand Bandundu, le Kongo-Central et Kinshasa.


Lors d’un briefing avec la presse, le ministre a également annoncé la reddition de plusieurs centaines de combattants à la suite des opérations de sensibilisation menées auprès des miliciens encore actifs dans certaines zones.


Eliezer Ntambwe a expliqué que sa mission consistait notamment à convaincre les combattants de renoncer aux armes et de rejoindre le processus de sortie de crise. Selon lui, une importante partie des personnes recherchées dans le cadre de cette démarche a déjà accepté de déposer les armes.


Dans le cadre de leur réinsertion, 596 anciens miliciens, dont certains étaient regroupés à Kinshasa, ont été conduits à Kaniama Kasese, où ils doivent intégrer le Service national et participer notamment à des travaux d’intérêt collectif.


Le ministre a également évoqué une amélioration de la situation sur le plan sécuritaire, affirmant que les routes nationales 1 et 17 ont retrouvé leur praticabilité dans plusieurs secteurs, permettant progressivement la reprise des déplacements et des échanges.


La crise liée au phénomène Mobondo a lourdement affecté les populations du Grand Bandundu et des zones voisines, faisant plusieurs centaines de morts et provoquant le déplacement de près de 200 000 personnes. Des familles ont été séparées et de nombreuses habitations détruites au cours des violences.


Pour les autorités, l’enjeu est désormais de consolider les avancées enregistrées, notamment en organisant le retour progressif des déplacés et en facilitant l’intervention des services publics dans les zones qui retrouvent leur stabilité.


Un forum national sur le vivre-ensemble devrait également se tenir prochainement afin de favoriser la réconciliation et de renforcer la cohésion entre les communautés concernées.


Sur les causes de la crise, Eliezer Ntambwe estime que le phénomène Mobondo est essentiellement lié aux conflits fonciers, plutôt qu'à une opposition entre communautés. Il appelle ainsi les acteurs concernés à éviter les discours susceptibles d'alimenter davantage les tensions.


Le ministre a enfin abordé la situation des anciens combattants, annonçant notamment des initiatives destinées à améliorer leur prise en charge sociale et sanitaire, ainsi que l'évolution d'un cadre légal actuellement examiné au Parlement.


F. Mulumba

Enregistrer un commentaire