La ville de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, a commémoré ce dimanche 2 août la Journée nationale du GENOCOST à travers une cérémonie organisée devant l'Hôtel de ville. L'activité, initiée par les membres de l'écosystème du Kasaï, a réuni les autorités politico-administratives, les représentants des victimes, des organisations de la société civile ainsi que de nombreux habitants venus rendre hommage aux millions de Congolais disparus.
Instituée officiellement en République démocratique du Congo par la loi n°22/065 du 26 décembre 2022, la Journée nationale du GENOCOST est célébrée chaque 2 août pour honorer les millions de victimes des conflits liés à l'exploitation des ressources naturelles du pays.
Le GENOCOST fait référence aux millions de morts, estimés entre 6 et 10 millions de personnes depuis le déclenchement des guerres successives dans l'est de la RDC, en écho au début de la deuxième guerre du Congo le 2 août 1998. Cette commémoration dénonce également l'exploitation illicite des richesses nationales, du caoutchouc sous l'époque coloniale de Léopold II aux minerais stratégiques tels que l'or, le coltan et le cobalt, souvent au détriment des vies humaines.
Devant les autorités politico-administratives et les victimes présentes à cette cérémonie, le coordonnateur régional de l'Association nationale des victimes du Congo, Franck Tshilomba, a partagé un message d'espoir tout en rappelant les souffrances endurées par les victimes.
« Nous faisons le choix de transformer cette douleur en espérance. Nous refusons que la tragédie du passé devienne un héritage pour les générations futures. Nous voulons que la mémoire des victimes soit une source de résilience, de réconciliation et d'engagement citoyen. Les victimes ne demandent ni vengeance ni haine. Par contre, elles réclament leurs droits et surtout que la vérité soit établie », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur le devoir de mémoire et la nécessité de promouvoir la justice transitionnelle, notamment à travers les actions du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV).
La cérémonie s'est ensuite poursuivie jusqu'au rond-point 3Z, où plusieurs victimes des atrocités commises lors du phénomène Kamuina Nsapu ont livré des témoignages poignants sur les épreuves qu'elles ont traversées.
Dans un climat de recueillement, des bougies ont été allumées en mémoire des victimes, tandis que le gouverneur intérimaire et vice-gouverneur du Kasaï, Joley Bokelé Joy, a procédé au baptême du rond-point 3Z, désormais dénommé « Rond-point de la Mémoire », en hommage aux victimes des conflits et des violences ayant frappé la République démocratique du Congo.
Cette cérémonie s'est achevée par un appel collectif à préserver la mémoire des victimes, à renforcer la justice et à promouvoir une paix durable en République démocratique du Congo.
Jovani Pasua Buloba
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