À l'approche d'un éventuel dialogue national, le président du parti Envol, Delly Sesanga, estime qu'aucune solution durable à la crise congolaise ne peut être trouvée sans une participation de toutes les parties concernées, y compris l'ancien président Joseph Kabila ainsi que la coalition AFC/M23.
Intervenant lors d'un Space organisé sur X par le journaliste Stanis Bujakera mardi 21 juillet, l'opposant a défendu l'idée d'un dialogue véritablement inclusif, dépassant le cadre institutionnel actuellement envisagé par les autorités.
Selon lui, les groupes impliqués dans le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo doivent être associés aux discussions afin d'ouvrir la voie à une paix durable. Il a soutenu que les responsables politiques, les représentants de la société civile et les acteurs armés devraient tous prendre part aux échanges.
« Il est difficile de résoudre une guerre sans dialoguer avec ceux qui y sont directement impliqués », a-t-il expliqué, ajoutant que le processus ne devrait pas se limiter à des négociations entre le président Félix Tshisekedi et l'AFC/M23. Pour Delly Sesanga, Joseph Kabila, Corneille Nangaa, les représentants de l'AFC/M23 ainsi que toutes les autres composantes ayant des revendications sur la situation du pays devraient être conviés afin de rechercher des solutions consensuelles.
L'opposant a également averti qu'un dialogue excluant certains acteurs risquerait de ne pas produire les résultats attendus en matière de paix, de sécurité et de stabilité nationale.
La CENCO et l'ECC relancent la dynamique
Parallèlement, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l'Église du Christ au Congo (ECC) poursuivent leurs initiatives en faveur d'un forum national. Les deux confessions religieuses multiplient les consultations afin de rapprocher les différentes forces politiques et sociales autour d'un même cadre de concertation.
Leur médiation a notamment contribué au report de la marche initialement prévue le 22 juillet par la plateforme C64. Les responsables religieux ont privilégié la voie du dialogue, estimant qu'elle offre davantage de perspectives pour une sortie de crise que des manifestations de rue.
Cette démarche ne fait cependant pas l'unanimité au sein de la C64, où des divergences apparaissent sur la stratégie à adopter. Malgré ce report, les activités politiques se poursuivent, notamment celles de l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) de Martin Fayulu, qui continue ses actions de mobilisation et de sensibilisation à Kinshasa.
Des interrogations persistent
Plusieurs incertitudes entourent encore l'organisation du futur dialogue. Des versions divergentes circulent sur le mécanisme qui encadrera les consultations. Le Gouvernement annonce la publication prochaine d'une ordonnance présidentielle définissant le cadre officiel, tandis que certaines sources affirment que les chefs religieux auraient déjà reçu mandat d'engager les consultations sans attendre cette formalité.
Le contenu des discussions demeure également un sujet de débat. Plusieurs acteurs de l'opposition affirment que la CENCO et l'ECC souhaitent qu'aucun thème ne soit exclu des échanges. Dans cette logique, toutes les questions d'intérêt national pourraient être abordées si les participants parviennent à un consensus, y compris celle de la Constitution, dont une éventuelle révision pourrait être évoquée au cours des travaux.
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