vendredi 10 avril 2026

Mweka : tension autour d’une forêt ancestrale contestée


Une vive tension est signalée ce vendredi 10 avril 2026 dans le territoire de Mweka, au Kasaï, où un conflit oppose l’administrateur du territoire, François Mingambengele, à la communauté Kele du groupement Bakeles, autour de la cession jugée illégale d’une forêt ancestrale.


À l’origine de la crise, une décision annoncée le 31 mars dernier lors d’une mission officielle, au cours de laquelle l’autorité territoriale aurait procédé à la vente d’une vaste étendue forestière à un acquéreur dont l’identité reste inconnue. Selon plusieurs témoignages recueillis dans le village Matele, cette démarche aurait été menée sans consultation préalable des populations locales ni des autorités coutumières, en violation des usages établis.


La forêt en question est considérée par les habitants comme un patrimoine sacré et constitue leur principale source de subsistance. Agriculture, chasse, cueillette et pratiques traditionnelles dépendent directement de cet espace naturel, aujourd’hui au cœur de la discorde.


Le député provincial Soleil Malengu Mandjumba, élu du territoire d’Ilebo, a exprimé son inquiétude face à cette situation qu’il qualifie d’opaque et contraire aux principes de gestion des terres communautaires en République démocratique du Congo. Il dénonce notamment une procédure engagée sans l’implication des ayants droit.


Sur le terrain, la colère ne cesse de monter. Les habitants affirment avoir été interdits d’accès à la forêt et dénoncent une « expropriation déguisée ». « Nous ne céderons jamais cette forêt. C’est notre vie et notre histoire », a confié sous anonymat un notable du village.


Au-delà de la contestation locale, des soupçons de transactions clandestines émergent. Certaines sources évoquent l’existence de réseaux de spéculation foncière profitant du manque de contrôle administratif pour acquérir des terres communautaires à des prix dérisoires.


Le climat reste particulièrement tendu dans la zone de Matele et ses environs. Des menaces auraient été proférées contre l’autorité territoriale, accusée d’abus de pouvoir. Face au silence des autorités provinciales et nationales, des organisations de la société civile exigent l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur cette affaire.


Sans une intervention rapide, cette crise foncière pourrait s’aggraver et fragiliser durablement la cohésion sociale dans cette partie du territoire de Mweka.


Paulin Bansanga Wa Kayeke

Enregistrer un commentaire

Educ Infos

Publicités

PARTENAIRES

Banner Actu-Service

Featured Post

Formulaire de contact

Contactez-nous

Whatsapp Button works on Mobile Device only