Des tensions ont récemment émergé dans la province du Kasaï au sujet de la remise officielle de l’étendard au nouveau commandant de la Police nationale congolaise (PNC), nommé en juin 2025. Le retard de cette cérémonie a alimenté des accusations selon lesquelles le gouvernement provincial tenterait de manœuvrer pour bloquer l’officialisation de l’entrée en fonction du Commissaire divisionnaire Joseph Alimasi Banganangwa.
Ces soupçons sont rejetés par les autorités provinciales. Selon Faustin Kambala, directeur de cabinet du gouverneur Crispin Mukendi Bukasa, la province a déjà tenté à trois reprises d’organiser la cérémonie, sans succès, en raison de contraintes indépendantes de sa volonté.
« Nous sommes prêts à organiser cette cérémonie même aujourd’hui. Nous attendons uniquement la disponibilité du commissaire provincial », affirme-t-il, précisant que même les discours officiels sont déjà imprimés. Pour lui, il est illogique d’accuser la province : « Comment pouvons-nous empêcher la prise de commande d’un responsable de la police alors que nous-mêmes avons besoin de sécurité comme tout citoyen ? »
Sur le terrain, habitants et organisations locales s’interrogent sur cette situation jugée anormale. Le constat est sévère : le Kasaï se retrouve avec un « commandant fantôme » à la tête du commissariat provincial, alors que les défis sécuritaires sont nombreux. Plusieurs faits alimentent l’inquiétude : le Commissaire divisionnaire aurait refusé de se soumettre au protocole de remise de l’étendard, étape obligatoire pour confirmer sa prise de fonction ; aucune prise d’armes n’a été organisée depuis sa nomination, laissant un vide de commandement ; en huit mois, il a effectué quatre voyages à Kinshasa, invoquant des raisons de santé ; depuis juin 2025, il a changé six fois de numéro de téléphone, utilisant chaque fois des pseudonymes différents.
Face à ces comportements jugés inhabituels, l’opinion publique se demande ce que pourrait cacher cette instabilité et quels impacts elle a sur la sécurité de la province. Dans les provinces du Kasaï, la remise de l’étendard est pourtant une cérémonie essentielle : elle marque le transfert officiel de commandement de la PNC, investissant le commissaire de la mission de sécurisation des personnes et de leurs biens.
Tant que cette étape n’aura pas eu lieu, l’incertitude persistera autour de la gestion du commissariat provincial. Les prochains jours devraient, espère-t-on, éclairer les zones d’ombre entourant le leadership policier au Kasaï.
Rédaction
Enregistrer un commentaire