La montée inquiétante des cas de cancer du col de l’utérus en Ituri préoccupe de plus en plus les professionnels de santé, qui appellent à une mobilisation générale autour du dépistage précoce et de la sensibilisation des femmes.
Cette alerte a été lancée samedi 11 avril à Bunia, lors d’une conférence scientifique organisée à l’Université Shalom par la Société Congolaise de Gynécologie et d’Obstétrique (SCOGO), la Société Congolaise de pratique des sages-femmes (SCOSAF), en collaboration avec le Programme national de santé de la reproduction. Cette activité s’inscrivait dans le cadre de la clôture du mois dédié aux droits de la femme.
Placée sous le thème de l’autonomisation des femmes pour améliorer la santé du couple mère-enfant et réduire la mortalité maternelle et néonatale, la rencontre a mis un accent particulier sur le cancer du col de l’utérus, aujourd’hui considéré comme un véritable problème de santé publique dans la province.
Selon le docteur Achille Dhezonga Cau, l’un des intervenants, la situation est préoccupante.
« Chaque semaine, deux à trois nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués en Ituri, et malheureusement, la majorité des patientes arrivent à un stade avancé de la maladie », a-t-il déploré.
Une réalité qui complique considérablement la prise en charge et augmente le risque de décès.
Face à cette situation, les experts insistent sur l’importance du dépistage régulier, seul moyen efficace pour détecter la maladie à un stade précoce et améliorer les chances de guérison. Des initiatives de renforcement des capacités, notamment à travers des mentorats cliniques, sont envisagées pour outiller davantage les sages-femmes et les médecins généralistes.
De son côté, le docteur Dudu Kove, coordonnatrice provinciale du Programme national de santé de la reproduction, a mis en avant le rôle clé de l’autonomisation des femmes dans la prévention.
« Une femme informée de ses droits et de sa santé reproductive est mieux armée pour prévenir certaines maladies et consulter à temps », a-t-elle souligné.
Les autorités sanitaires provinciales n’entendent pas rester en marge de cette lutte. Le médecin chef de division provinciale de la santé, le docteur Marcel Lola, a annoncé des avancées notables, notamment l’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus prévue en 2026 en République démocratique du Congo.
« La vaccination et le dépistage constituent des piliers essentiels pour réduire l’impact de cette maladie », a-t-il affirmé, appelant à une large mobilisation communautaire.
Alors que les cas continuent d’augmenter, les professionnels de santé plaident pour une intensification des campagnes de sensibilisation et un accès élargi aux services de dépistage, afin d’inverser la tendance et sauver des vies en Ituri.
Serge Karba/Ituri

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