mercredi 29 avril 2026

Assemblée nationale : la motion contre Jacquemain Shabani rejetée pour irrégularités dès la recevabilité

La procédure engagée contre le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a été stoppée net à l’Assemblée nationale. Réunis en séance plénière ce mercredi 29 avril 2026, les députés ont rejeté la motion de défiance dès l’examen de sa recevabilité, mettant fin au processus avant toute discussion de fond.


À l’origine de cette initiative, le député Laddy Yangotikala Senga, élu de Kisangani-Ville (Tshopo), qui entendait engager la responsabilité politique du membre du gouvernement. Mais très rapidement, le texte s’est heurté à de fortes contestations au sein de l’hémicycle, plusieurs élus dénonçant des failles sérieuses dans sa constitution.


Parmi les critiques les plus marquantes, celles du député Gary Sakata, qui a pointé des irrégularités jugées majeures dans la collecte et la validation des signatures. Il a évoqué des anomalies dans l’identification de certains signataires, avec des erreurs dans les noms et des incohérences susceptibles de remettre en cause l’authenticité du soutien parlementaire. Pour lui, ces éléments traduisaient des manquements graves à la procédure, rendant la motion juridiquement fragile, voire irrecevable.


Ces réserves ont largement influencé l’issue du vote. La plénière a estimé que les conditions formelles exigées pour examiner la motion n’étaient pas réunies. En conséquence, le texte a été rejeté sans que les griefs de fond à l’encontre du vice-Premier ministre ne soient débattus.


En amont déjà, certains juristes et observateurs avaient exprimé des doutes sur la solidité de l’initiative. Des analyses évoquaient des insuffisances tant sur la forme que sur le fond, alimentant un climat de scepticisme autour de la démarche.


Le rejet rapide de cette motion met en lumière les exigences strictes qui encadrent les mécanismes de contrôle parlementaire en République démocratique du Congo. Il illustre également les rapports de force au sein de la Chambre basse, où toute initiative de mise en cause d’un membre du gouvernement doit reposer sur une base juridique et politique solide pour espérer aboutir.


Pour Jacquemain Shabani, cette décision conforte son maintien au sein de l’exécutif et lui permet de poursuivre ses fonctions dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires et institutionnels sensibles à travers le pays.


Cet épisode, bien que bref, révèle néanmoins les tensions récurrentes autour de l’exercice du contrôle parlementaire et la nécessité, pour les élus, de respecter rigoureusement les procédures afin de garantir la crédibilité de leurs démarches.


Félix Mulumba

Enregistrer un commentaire

Educ Infos

Publicités

PARTENAIRES

Banner Actu-Service

Featured Post

Formulaire de contact

Contactez-nous

Whatsapp Button works on Mobile Device only