La tension est montée d’un cran à Mwene-Ditu à la veille de la marche annoncée par la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) de la province de Lomami.
Dans une déclaration faite à la presse ce jeudi 26 février, le maire de la ville a officiellement interdit toute manifestation publique prévue ce vendredi sur l’ensemble de la ville ferroviaire.
Une décision fondée sur une instruction nationale
Selon l’autorité urbaine, cette mesure s’inscrit dans le strict respect de la circulaire du Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, interdisant toute manifestation publique avant, pendant et après les festivités en cours, en raison du contexte sécuritaire que traverse le pays.
Le maire a précisé qu’il ne s’agit nullement d’une décision ciblée contre une structure particulière, mais plutôt d’une application des instructions hiérarchiques visant à préserver l’ordre public et à prévenir tout débordement.
Une marche aux revendications multiples
La marche projetée par la NSCC section Lomami devait porter sur plusieurs revendications liées aux préoccupations socio-économiques de la population.
Les organisateurs prévoyaient notamment d’exiger la bonne exécution des travaux de la Route nationale n°1 (RN1), réalisés par l’entreprise chinoise China Railway Engineering Corporation 6 (CREC 6). Depuis plusieurs mois, des voix s’élèvent pour dénoncer la lenteur et la qualité jugée insatisfaisante de certains travaux.
Outre la question de la RN1, les manifestants comptaient également dénoncer la spoliation présumée du terrain du marché Dubaï ainsi que l’inachèvement de plusieurs projets publics dans la ville.
Frustration au sein de la jeunesse
Du côté des jeunes de Mwene-Ditu, représentés par la NSCC, la décision du maire suscite frustration et incompréhension. Ils estiment que leurs revendications sont légitimes et concernent directement le développement local ainsi que la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Certains appellent toutefois au calme tout en invitant les autorités à ouvrir un cadre de dialogue afin d’éviter une détérioration de la situation.
Entre sécurité et liberté d’expression
Cette interdiction intervient dans un contexte national marqué par des tensions sécuritaires persistantes. Les autorités privilégient une approche préventive pour maintenir l’ordre public, tandis que la société civile rappelle son attachement au droit constitutionnel de manifester pacifiquement.
À Mwene-Ditu, l’évolution de la situation dépendra désormais de la capacité des autorités et des acteurs de la société civile à engager un dialogue constructif dans l’intérêt de la population.
Zephirin Tshimanga Mukadi


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