Dans la cité de Demba, au cœur de la province du Kasaï-Central, le climat sécuritaire suscite une profonde inquiétude. Le Comité Local de Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme (CLP) et la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) ont lancé un appel urgent à la population, exhortant chacun à la tolérance, au dialogue et au respect de la vie humaine face à la montée des actes de violence.
Selon ces organisations citoyennes, plus d’une dizaine de cas de criminalité, de justice populaire et de pertes en vies humaines ont été enregistrés depuis le début de l’année 2026 dans plusieurs quartiers et secteurs de la cité. Une situation jugée alarmante, qui menace gravement la cohésion sociale et la paix communautaire.
Une série d’actes tragiques à travers la cité
Parmi les incidents les plus marquants figurent deux hommes retrouvés morts à une semaine d’intervalle dans le secteur de Muanza Ngoma, groupement Bakua Bumba. Au secteur de Lombelo, deux autres hommes ont été tués dans des conditions particulièrement atroces, tandis que des maisons appartenant à des innocents ont été incendiées.
Au quartier Kapinga Ngombe, une femme âgée de plus de 60 ans a subi l’amputation d’une main, illustrant la brutalité des violences. Dans le quartier Lusanga, un jeune garçon a été violemment battu et abandonné dans un état critique.
La situation des défenseurs des droits humains n’est pas épargnée : au quartier Lulangu, l’un d’eux a été menacé et profondément traumatisé. Dans le secteur de Tshibote, un garçon enlevé de force a été torturé, subissant un grave traumatisme au front.
À Diofwa, dans le groupement Bikuku Kaleya, deux personnes ont été tuées dans un acte de vengeance consécutif à la mort brutale d’un enfant, attribuée à un présumé malade mental. À Tshibungu, groupement Kasanganayi, une femme a été violemment battue sans raison apparente, tandis qu’au secteur de Lusonge, du côté Bakua Mbuyi, un homme a été retrouvé sans vie.
Appel à la fin de la justice populaire
Face à cette spirale de violence, le CLP et la NSCC condamnent fermement le recours à la justice populaire, rappelant qu’aucun citoyen n’a le droit de se substituer aux institutions judiciaires.
Les deux structures invitent la population à privilégier les voies légales pour le règlement des différends et à faire confiance aux autorités compétentes pour établir les responsabilités.
Exigence d’enquêtes et renforcement de la sécurité
Le CLP et la NSCC demandent également aux autorités administratives, policières et judiciaires d’ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces crimes et de les traduire en justice. Elles plaident en outre pour un renforcement urgent des dispositifs sécuritaires afin d’assurer la protection des personnes et de leurs biens.
« La vie humaine est sacrée », martèlent ces organisations, appelant chaque habitant à faire preuve de retenue, de responsabilité et de solidarité pour préserver la paix et éviter que la violence ne devienne un mode de règlement des conflits.
Dans une région déjà fragilisée par les tensions sociales et économiques, cet appel sonne comme un avertissement : sans dialogue ni justice, la spirale de la violence pourrait continuer à endeuiller des familles et compromettre durablement la stabilité de la cité.
Franck Mubenga Bantu
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