Alors que les discussions autour de la tenue d’un dialogue national inclusif se poursuivent en République démocratique du Congo, Francine Muyumba, proche de l’ancien président Joseph Kabila et ancienne sénatrice du Haut-Katanga, hausse le ton sur les modalités de ce processus.
Dans une publication faite ce jeudi 27 août sur son compte X, Francine Muyumba estime qu’une même partie ne peut être à la fois « partie, arbitre et maître des règles du jeu ». Une sortie qui intervient dans un contexte où le président Félix Tshisekedi a annoncé l’organisation d’un dialogue national destiné à tenter de répondre à la crise politique que traverse le pays.
Selon elle, le chef de l’État, étant lui-même partie prenante à la crise que le dialogue est appelé à résoudre, ne devrait pas déterminer unilatéralement les règles, l’agenda, les participants, les exclusions ou encore les préalables de ces assises. « Un véritable dialogue national ne se décrète pas selon les conditions d’une seule partie », soutient-elle.
Pour l’ancienne cadre du FCC, le format du dialogue, ses modalités ainsi que son ordre du jour doivent plutôt être arrêtés de manière consensuelle par l’ensemble des parties prenantes, avec l’accompagnement d’une facilitation qu’elle souhaite « neutre et crédible ».
« Sauver le Congo » au-delà des intérêts des parties
Francine Muyumba appelle également les différents protagonistes de la crise congolaise à faire des concessions pour privilégier l’intérêt national. « Si nous voulons réellement sauver le Congo, chacun doit accepter de renoncer à une part de ses exigences au profit de l’intérêt supérieur de la Nation », écrit-elle.
Cette prise de position intervient alors que la question de l’inclusivité du dialogue demeure au cœur des débats politiques. Plusieurs acteurs de l’opposition réclament notamment la participation de figures comme Joseph Kabila et Corneille Nangaa, tandis que Kinshasa s’est jusqu’ici opposé à leur présence aux assises.
La position de Francine Muyumba s'inscrit dans la continuité de ses prises de position publiques en faveur de Joseph Kabila et de son camp politique. En 2025, elle avait notamment contesté la procédure visant la levée des immunités de l’ancien président et appelé Félix Tshisekedi à privilégier la paix plutôt que la confrontation.
En conclusion de son message, l’ancienne sénatrice plaide pour un processus qui dépasse les intérêts particuliers : « Le Congo a besoin d’un vrai dialogue, pas d’un dialogue sous conditions. »
Cette déclaration relance ainsi le débat sur les garanties d’impartialité, d’inclusivité et de consensus autour du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi.
Cécile Kapinga
