Trois mois après la clôture de la campagne de distribution des moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILD) dans la province du Kasaï, des centaines de prestataires dénoncent le non-paiement de leurs prestations et réclament une intervention urgente des autorités sanitaires.
Selon plusieurs témoignages recueillis vendredi 10 juillet, les impayés concernent sept des dix-huit zones de santé de la province, à savoir Tshikapa, Kanzala, Kalonda Ouest, Luebo, Mweka, Ilebo et Kamonia.
Les personnes concernées sont notamment les binômes chargés de la distribution porte-à-porte, les transporteurs ayant acheminé les moustiquaires, les chefs de villages qui ont assuré la garde des entrepôts, les superviseurs indépendants ainsi que d'autres prestataires impliqués dans cette campagne.
« Nous avons travaillé jour et nuit pour que chaque ménage reçoive sa moustiquaire. Aujourd'hui, on nous dit que notre zone n'est pas couverte par le réseau. C'est une excuse pour ne pas nous payer », déplore un binôme de la zone de santé de Tshikapa.
D'après les prestataires, les services chargés du paiement expliquent ce retard par un problème technique, affirmant que les sept zones concernées ne seraient pas couvertes par le réseau utilisé pour les paiements via mobile money.
Une justification qui peine à convaincre les concernés. « Comment la campagne a-t-elle pu se dérouler si le réseau ne passe pas ? Nous avons utilisé WhatsApp, passé des appels et travaillé normalement. Aujourd'hui, on nous parle d'absence de réseau pour justifier le non-paiement », s'indigne un chef de village de Kamonia.
Les prestataires affirment que cette situation les met en grande difficulté. Plusieurs disent avoir contracté des dettes pour financer leur transport, leur hébergement et leur alimentation durant la campagne, en comptant sur le paiement de leurs prestations.
Face à cette situation, ils appellent la Division provinciale de la santé (DPS) du Kasaï, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) ainsi que les partenaires techniques et financiers ayant soutenu cette campagne à diligenter un audit et à procéder au décaissement rapide des fonds.
Ils estiment qu'un tel retard risque de démotiver les acteurs communautaires appelés à intervenir lors des prochaines campagnes de santé publique et préviennent que, sans solution rapide, ils pourraient boycotter les futures opérations.
Jusqu'à présent, la Division provinciale de la santé du Kasaï n'a pas encore réagi officiellement à ces allégations. Cette affaire relance les interrogations sur la gestion administrative et financière des campagnes de santé de masse dans la province.
Sadam Kapanda Wa Kapanda
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