La Fondation Pauline Albinos dénonce un traitement discriminatoire dont auraient été victimes des personnes vivant avec l’albinisme lors d’une manifestation organisée récemment à Tshikapa, en mémoire des victimes du phénomène Kamuina Nsapu.
Cette activité, initiée par l’Association Nationale des Victimes du Congo (ANVC) avec l’appui financier du Fonds National des Réparations des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), visait à rendre hommage aux victimes des violences survenues entre 2016 et 2017 dans la région du Kasaï.
Selon Amasco Malu Bakatuambisha, président provincial de la Fondation Pauline Albinos, plusieurs personnes vivant avec l’albinisme ayant survécu aux exactions avaient été invitées à participer à cette journée de mémoire, mais auraient été exclues de certains avantages accordés aux autres participants.
« Pire encore, on nous a privés des motivations de base accordées aux autres participants, notamment le remboursement des frais de transport », déplore-t-il.
Pour cette structure de défense des droits des albinos, cette situation constitue une discrimination au sein même des victimes, alors que le FONAREV a pour mission d’assurer une réparation équitable à toutes les personnes affectées par les violences.
La Fondation accuse Franck Tshilomba, coordonnateur provincial de l’ANVC, d’avoir contribué à cette exclusion. Des accusations que ce responsable n’a pas encore publiquement commentées.
Face à cette situation, la Fondation Pauline Albinos appelle les responsables du FONAREV, au niveau national et provincial, à diligenter une enquête afin d’établir les responsabilités et garantir que les fonds destinés à la réparation des victimes bénéficient à tous sans distinction.
« Le FONAREV a le devoir de veiller à ce que toutes les victimes soient traitées avec dignité. Nous ne pouvons pas accepter que ces fonds servent à marginaliser une catégorie de victimes », a déclaré Amasco Malu Bakatuambisha.
N’ayant pas obtenu de solution, la Fondation annonce des actions publiques à Tshikapa pour dénoncer cette situation et réclamer une prise en charge équitable des personnes vivant avec l’albinisme.
De son côté, le Comité provincial de protection des victimes des guerres liées au conflit (COPROVIGUE) juge la situation préoccupante. Son coordonnateur national, Sadam Kapanda, appelle à un dialogue entre les différentes parties.
« On ne peut pas lutter contre l’injustice en reproduisant l’injustice. Nous appelons l’ANVC et le FONAREV à ouvrir un dialogue urgent avec la Fondation Pauline Albinos afin de réparer ce tort », a-t-il déclaré.
Les personnes vivant avec l’albinisme avaient été particulièrement touchées par les violences liées au phénomène Kamuina Nsapu, avec des cas de persécutions, de stigmatisation et d’atteintes à leurs droits. Le FONAREV a notamment été institué pour contribuer à la réparation et à l’accompagnement des victimes de ces violences.
Rédaction
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