La raréfaction progressive des légumes observée depuis le début de la saison sèche au Kasaï-Central suscite de vives inquiétudes au sein des ménages et du personnel de santé. Entre la hausse des prix sur les marchés et la baisse de disponibilité de certains produits maraîchers, plusieurs familles peinent désormais à garantir une alimentation équilibrée à leurs enfants.
Dans différents marchés de Kananga et de ses environs, notamment au marché Dibamba Bukemayi dans le quartier Lukonga, les feuilles de haricots et de patates douces deviennent de plus en plus difficiles à trouver. Cette situation entraîne une augmentation significative des prix des légumes, un élément essentiel du panier alimentaire des ménages.
« Le tas de feuilles de manioc qui se vendait entre 300 et 500 francs congolais pendant la saison des pluies coûte aujourd’hui entre 800 et 900 francs. Nous avons du mal à nourrir nos familles », témoigne une mère rencontrée sur place.
Pour plusieurs habitants, cette flambée des prix est aggravée par les retards de paiement des agents et fonctionnaires de l’État, qui réduisent le pouvoir d’achat des ménages et ralentissent les activités commerciales dans les marchés locaux.
Du côté des professionnels de santé, la situation est suivie avec préoccupation. Infirmière au centre de santé de la communauté baha'ie de Ndesha, Rosalie Kanyingu Badibanga alerte sur les conséquences nutritionnelles de cette pénurie, particulièrement chez les enfants.
Selon elle, les légumes constituent une source importante de vitamines, de minéraux et d'antioxydants indispensables au renforcement du système immunitaire et à la prévention de la malnutrition. Leur absence prolongée dans l'alimentation quotidienne pourrait accroître les risques de carences nutritionnelles chez les populations les plus vulnérables.
Face à cette situation, elle encourage les ménages à privilégier les légumes encore disponibles localement, à développer des jardins potagers familiaux et à diversifier leur alimentation afin de réduire les effets de cette période de soudure.
Cette crise alimentaire saisonnière met en évidence les défis auxquels fait face le Kasaï-Central, où la hausse du coût de la vie et les difficultés d'accès à une alimentation équilibrée pourraient avoir des répercussions sur la santé des enfants si des solutions durables ne sont pas envisagées.
François Lypas Kanku

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