L’Université officielle de Mweka (UNIOMK), unique établissement public d’enseignement supérieur du Kasaï, traverse une zone de forte turbulence. Lundi 30 mars 2026, un mouvement de colère inédit a éclaté au sein du personnel enseignant et administratif, ouvrant une crise institutionnelle sans précédent.
Tout est parti d’un ras-le-bol généralisé exprimé à travers une marche de protestation organisée par le collectif des enseignants et agents administratifs. Ces derniers accusent le comité de gestion de « mauvaise gestion » et de « détournement présumé », et demandent son départ immédiat.
Les manifestants, rassemblés dans une école avant de se diriger vers le bâtiment administratif du territoire, ont finalement chuter au siège de l’UNIOMK. Leur objectif : dénoncer ce qu’ils décrivent comme une dérive grave dans la gouvernance de l’institution et attirer l’attention des autorités.
Dans un mémorandum lu et remis à l’administrateur du territoire par Paulin Mboshanga, porte-parole du collectif, les contestataires ont annoncé la suspension de toutes les activités académiques et administratives pendant 30 jours, une mesure radicale censée accentuer la pression sur les autorités compétentes. Ils exigent une intervention urgente pour rétablir l’ordre et la transparence au sein de l’université.
François Mingambengele, administrateur du territoire de Mweka, a tenté d’apaiser les esprits en appelant au calme. Il a promis que la situation serait examinée avec sérieux afin de parvenir à une solution durable.
Cette escalade intervient dans un contexte de tensions internes persistantes entre membres de l’équipe dirigeante. Selon plusieurs sources internes, les dissensions se seraient accentuées ces derniers mois, affectant le fonctionnement normal de l’institution et fragilisant davantage l’atmosphère de travail.
Malgré plusieurs tentatives, les responsables de l’UNIOMK n’ont pas pu être joints pour donner leur version des faits. Certains manifestants ont indiqué qu’ils accepteront de répondre aux questions des médias « le moment venu ».
Alors que l’université se retrouve paralysée, le risque d’un prolongement de la crise inquiète étudiants, parents et acteurs éducatifs, qui craignent un impact direct sur l’année académique en cours.
Gustave Kabeya
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