Une enquête menée par le Cadre de Concertation de la Société Civile sur les Ressources Naturelles (CDC/RN), à travers la plateforme Notre Terre Sans Pétrole, révèle que 1 141 riverains congolais du lac Albert et de la rivière Semuliki rejettent les activités pétrolières menées par l’Ouganda le long de la frontière.
Depuis plusieurs mois, l’Ouganda exploite des hydrocarbures dans cette zone frontalière via les sociétés Tilenga, Kingfisher et l’oléoduc EACOP, sans consultation transfrontalière formelle ni évaluation environnementale conjointe avec la RDC, pourtant engagée comme « pays solution » dans la lutte contre le changement climatique.
Selon le rapport, ces opérations unilatérales exposent les communautés congolaises à des risques environnementaux, sanitaires et économiques graves et imminents, notamment la pollution des eaux partagées et la destruction d’écosystèmes sensibles.
« Le gouvernement congolais ne peut rester passif face à des projets qui affectent directement son territoire et ses populations. Il doit accompagner la procédure judiciaire en cours par une action diplomatique forte pour protéger les droits des communautés et l’intégrité de nos écosystèmes », déclare Dieudonné Kasonia, secrétaire permanent du CDC/RN.
Plus de 50 000 pêcheurs dépendent des ressources halieutiques du lac Albert, dont les eaux communiquent avec le bassin du Nil et le lac Édouard, constituant une ceinture écologique vitale autour du parc national des Virunga.
L’enquête précise que 60 % des riverains interrogés expriment leur opposition catégorique à toute activité pétrolière menée sans garanties suffisantes en matière de droits, de sécurité environnementale et de préservation des moyens de subsistance.
Le CDC/RN regroupe plusieurs organisations de la société civile, des représentants des communautés locales, des pêcheurs, des femmes et des jeunes de la province de l’Ituri.
Serge Karba / Ituri
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