Les parties prenantes du secteur de la santé en Ituri se sont engagées à renforcer la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. Cet engagement a été exprimé ce vendredi 27 mars 2026 à Bunia, lors d’une activité de sensibilisation organisée par la Société Congolaise de Pratique de Sage-Femme (SCOSAF), la Société Congolaise de Gynécologie et d’Obstétrique (SCOGO) ainsi que le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR/Ituri).
Au cours de cette rencontre, plusieurs thématiques majeures ont été abordées, notamment les statistiques alarmantes des décès maternels en Ituri, les conséquences des grossesses précoces, l’importance de l’éducation sexuelle complète pour les adolescents, ainsi que les droits et l’autonomisation des femmes et jeunes filles dans le cadre de la santé maternelle.
Selon le Dr Achille Dhezonga, l’un des organisateurs, cette activité vise à « mettre en place des mécanismes permettant de réduire le taux de décès maternel et néonatal en éduquant la jeunesse sur la sexualité et en informant les femmes de leurs droits, afin qu’elles puissent participer pleinement aux décisions concernant leur santé reproductive ».
Les autorités politico-administratives, enseignants, associations, leaders religieux, médias et professionnels de la santé présents ont pris l’engagement de multiplier la sensibilisation dans leurs secteurs respectifs afin de réduire drastiquement les décès, affirmant qu’« aucune femme ne devrait mourir en donnant la vie ».
Les données présentées par le PNSR/Ituri demeurent préoccupantes. Le Dr Doudu Kove, Médecin Coordonnatrice Provinciale, a indiqué que 230 décès maternels ont déjà été enregistrés cette année dans les structures sanitaires. Elle précise que « ce chiffre serait encore plus élevé si l’on tenait compte des décès survenus dans les communautés sans accès aux soins ».
Les principales causes identifiées incluent les hémorragies, infections, maladies hypertensives, avortements et complications obstétricales. Pour y faire face, le PNSR préconise plusieurs actions : la formation du personnel de santé, l’éducation des femmes et des jeunes filles sur la santé reproductive, l’implication accrue des hommes, la promotion de la planification familiale et la création d’un environnement social sécurisé pour les femmes.
Représentant le Gouverneur militaire de l’Ituri, la conseillère en charge de la santé, du genre et des affaires humanitaires, le Dr Jeanne Alasha, a souligné les efforts fournis par le gouvernement provincial dans le contexte de l’état de siège. Elle a appelé à la poursuite des actions communes pour améliorer durablement les conditions de la santé reproductive dans la province.
Serge Karba / Ituri
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