Ce samedi 7 mars 2026, le président ougandais Yoweri Museveni a officiellement pris la présidence tournante de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) lors du 25ᵉ sommet ordinaire des chefs d’État organisé à Arusha, en Tanzanie. À ce poste succède ainsi au président kényan William Ruto,cet alternance ouvre un nouveau cycle à la tête de l'organisation régionale créée depuis 2000 et regroupant aujourd’hui plusieurs pays de la région, notamment le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et la République démocratique du Congo, membre depuis 2022.
La délégation congolaise à ce sommet était conduite par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, qui a participé aux discussions portant sur des questions importantes liées à l’économie, à la sécurité et au processus d’intégration régionale. Cette participation intervient dans un contexte particulièrement marqué par la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Depuis plusieurs mois, Kinshasa accuse Kigali de soutenir certains groupes armés opérant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, une situation qui alimente les tensions diplomatiques entre les deux pays et inquiète l’ensemble de la région.
Dans son discours inaugural, Yoweri Museveni a appelé les États membres de la communauté à renforcer leur unité et leur coopération. Il a souligné que les pays de la région doivent privilégier la solidarité plutôt que les divisions, invitant particulièrement la jeunesse d’Afrique de l’Est à placer la paix et l’unité au centre de ses actions. Son message intervient alors que la région est confrontée à plusieurs défis sécuritaires, économiques et sociaux susceptibles de ralentir l’intégration et le développement commun.
Basée à Arusha, la Communauté d’Afrique de l’Est œuvre pour promouvoir la coopération économique, la libre circulation des personnes et des biens ainsi que la stabilité politique entre les États membres.
La présidence tournante, renouvelée tous les deux ans, confère au pays qui l’assume un rôle important dans la coordination des priorités régionales et dans la médiation des différends entre États.
Certains observateurs estiment que la présidence ougandaise devra relever plusieurs défis majeurs, notamment le renforcement de la coopération sécuritaire pour lutter contre les groupes armés, la facilitation du dialogue entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que la promotion de la croissance économique à travers des projets d’intégration régionale tels que le marché commun et l’union douanière.
Par ailleurs, le sommet a également examiné plusieurs questions économiques et sociales, dont le développement du commerce intra-régional, la promotion des investissements, l’amélioration des infrastructures et les initiatives de développement durable. La nouvelle présidence pourrait notamment accélérer la mise en œuvre de projets d’infrastructures régionaux visant à faciliter la circulation des biens et des personnes entre les pays membres.
Certains analystes, estiment que l’appel de Yoweri Museveni à l’unité et à la paix constitue un signal fort en faveur d’une coopération renforcée entre les États de la région. Dans un contexte marqué par des tensions politiques et des conflits armés, la stabilité de l’Afrique de l’Est dépend largement d’un engagement collectif et durable des pays membres.
Ainsi, l’accession de l’Ouganda à la tête de la Communauté d’Afrique de l’Est intervient à un moment stratégique pour la région et particulièrement pour la République démocratique du Congo. Cette nouvelle étape pourrait offrir une opportunité de relancer le dialogue politique et sécuritaire, tout en renforçant les efforts communs en faveur de la paix, de la stabilité et de l’intégration régionale.
Paulin Bansanga wa Kayeke

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