Une scène de violence d’une rare intensité s’est déroulée ce mardi 24 mars 2026 dans la localité de Lomba, groupement Bakua Beya, secteur de Muanzangoma, en territoire de Demba. Une femme, récemment libérée de la maison carcérale de Demba, a été sauvagement agressée par des habitants qui la soupçonnaient d’être impliquée dans des enlèvements d’enfants.
Selon des sources locales, la victime s’était rendue à une source d’eau du village pour se laver. Ne connaissant pas le chemin, elle aurait sollicité l’aide de quelques enfants. Pris de peur, ces derniers ont crié, provoquant l’attroupement des habitants. Très vite, la situation a dégénéré.
Une violence collective alimentée par la méfiance
Les jeunes du village, convaincus que la femme était liée à des cas d’enlèvements d’enfants, se sont acharnés sur elle dans ce qui s’apparente à un acte de justice populaire. La victime, inconnue des habitants, a affirmé avant de perdre connaissance qu’elle venait d’être libérée après plus de six mois passés en détention.
Battue avec une extrême brutalité, elle a été abandonnée sur les lieux, laissée pour morte. Aucun service sécuritaire n’est intervenu durant l’agression, selon plusieurs témoins.
Un état critique et une absence inquiétante de prise en charge
À ce stade, la femme se trouverait toujours dans un état critique et ne bénéficierait d’aucune prise en charge médicale adéquate. Ce drame met une nouvelle fois en lumière la montée inquiétante des actes de justice populaire dans certaines zones rurales du Kasaï-Central.
Appel à l’intervention des autorités
Les voix locales appellent les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires à intervenir urgemment pour garantir la sécurité des personnes et prévenir de tels abus. La multiplication de ces violences extrajudiciaires traduit un profond déficit de confiance envers les institutions chargées de protéger les citoyens.
Paulin Bansanga
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