Les communautés du secteur de Walendu-Tatsi et de la chefferie de Bahema Banywagi ont réaffirmé leur volonté de vivre ensemble dans la paix, à l’issue d’un dialogue communautaire axé sur la cohésion sociale, la cohabitation pacifique et la non-violence dans le territoire de Djugu. L’activité s’est tenue dans la localité de Fichama grâce à la facilitation des Femmes Engagées pour la Paix en Afrique (FEPA).
Selon les organisatrices, malgré la reprise progressive des échanges entre les deux entités voisines — notamment à travers les marchés, les activités sportives et culturelles — les anciennes formes de solidarité sociale, telles que les mariages intercommunautaires et l’entraide traditionnelle, restent encore fragiles.
« Nous avons réuni les femmes et les parties prenantes de Walendu-Tatsi et de Bahema-Banywagi afin de réfléchir aux défis à relever pour renforcer cette cohésion sociale », a expliqué Elisabeth Buve Love, membre des Femmes Engagées pour la Paix en territoire de Djugu.
Des pistes concrètes pour restaurer la confiance
Les participants — représentants des jeunes, des femmes, de la société civile ainsi que des autorités coutumières et locales — ont formulé plusieurs recommandations pour consolider le vivre-ensemble. Parmi les mesures proposées figurent la multiplication des visites réciproques, des campagnes communes de sensibilisation, la promotion des mariages entre communautés et la prévention des conflits liés notamment à la divagation des animaux.
Ces propositions visent à restaurer progressivement la confiance entre populations longtemps affectées par les violences intercommunautaires.
Présent à la rencontre, l’administrateur du territoire de Djugu, Ruffin Mapela, a salué l’initiative portée par les femmes.
« Je suis satisfait que vous ayez identifié les problèmes qui freinent la véritable cohésion entre ces deux entités ainsi que les pistes de solutions pour la renforcer », a-t-il déclaré.
Mise en place d’un mécanisme de suivi
Afin d’assurer la durabilité des engagements pris, les participants ont convenu de mettre en place des mécanismes de suivi destinés à évaluer régulièrement l’évolution des relations entre les deux communautés.
La coordination nationale de la FEPA est assurée par Petronille Vaweka, figure féminine reconnue pour son engagement en faveur de la paix et son parcours marqué par d’importantes responsabilités en RDC et sur le continent africain.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de reconstruction du tissu social dans la province de l’Ituri, longtemps éprouvée par les conflits, et témoigne de la volonté des communautés locales de tourner la page de la violence pour bâtir un avenir commun fondé sur la coexistence pacifique.
Serge Karba / Ituri
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